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Notes de publication pour Debian GNU/Linux 3.1 (« sarge »), S/390
Chapitre 4 - Mise à jour depuis les versions précédentes


4.1 Actions nécessaires avant la mise à niveau

Avant de mettre à niveau votre système, il est fortement conseillé de faire une sauvegarde complète ou, du moins, une sauvegarde des données ou informations de configuration que vous ne pourriez pas vous permettre de perdre. Les outils de mise à niveau sont tout à fait fiables, mais une panne matérielle au milieu de la mise à niveau pourrait fortement endommager votre système.

Ce que vous voudrez principalement sauvegarder est le contenu des répertoires /etc, /var/lib/dpkg et la sortie de dpkg --get-selections "*" (les guillemets sont importants).

Le processus de mise à niveau ne modifie rien dans le répertoire /home. Cependant, certaines applications (par exemple, mozilla, certaines applications KDE) sont connues pour écraser des paramètres utilisateur existants avec de nouvelles valeurs par défaut quand une nouvelle version de l'application est lancée pour la première fois par un utilisateur. Comme précaution, vous pouvez vouloir faire une sauvegarde des fichiers et répertoires cachés (les « dotfiles ») dans les répertoires personnels des utilisateurs. Vous pouvez également informer les utilisateurs de ce problème.

Il est sage d'informer à l'avance tous les utilisateurs que vous planifiez une mise à niveau, bien que les utilisateurs accédant à votre système par SSH (au moins) ne devraient pas remarquer grand chose durant la mise à niveau et pourraient continuer à travailler. Si vous voulez prendre des précautions supplémentaires, sauvegardez ou démontez la partition /home des comptes des utilisateurs avant la mise à niveau. Normalement, aucun redémarrage ne sera nécessaire, à moins que vous ne vouliez également mettre à jour votre noyau.

Vous devriez faire la mise à niveau de la distribution soit localement, à partir d'une console texte virtuelle ou d'un terminal série directement connecté, soit à distance via une connexion ssh.

Important : vous ne devez pas effectuer la mise à niveau en utilisant telnet, rlogin, rsh, ou depuis une session X gérée par gdm, kdm, etc. sur la machine que vous mettez à niveau. En effet, chacun de ces services pourrait être interrompu pendant la mise à niveau, ce qui peut rendre inaccessible un système à moitié mis à niveau.

Vous devez faire toutes les opérations d'installation de paquets avec les privilèges du superutilisateur. Donc, soit vous vous connectez en tant que root, soit vous utilisez su ou sudo pour obtenir les droits nécessaires.


4.2 Vérifier l'état du système

Le processus de mise à niveau décrit dans ce chapitre a été conçu pour des mises à niveau depuis des systèmes woody « purs ». Cela suppose que votre système a été mis à jour jusqu'à la dernière révision de woody. Si vous ne l'avez pas fait ou si vous n'en êtes pas certain, veuillez suivre les instructions dans Mettre à niveau votre système woody, Section A.1.

Le processus suppose également que vous avez installé la version de woody d'aptitude. Vous pouvez vérifier si elle est installée avec :

     $ dpkg -l aptitude

Si la ligne affichée ne commence pas par un 'i', vous devriez l'installer avant de commencer la mise à jour, en suivant les instructions dans Installer la version de woody d'aptitude, Section A.2.


4.2.1 Désactiver l'étiquetage apt

Si vous avez configuré apt pour installer certains paquets d'une distribution autre que stable (par exemple, de testing), il se peut que vous deviez changer votre configuration d'étiquetage apt (« APT pinning ») (stockée dans /etc/apt/preferences) pour permettre la mise à jour de paquets vers les versions de la nouvelle version stable. Vous pouvez trouver plus d'informations sur l'étiquetage apt dans apt_preferences(5).


4.2.2 Vérification de l'état des paquets

Quelle que soit la méthode utilisée pour mettre à niveau, il est recommandé de tester d'abord l'état de tous les paquets et de vérifier que tous les paquets se trouvent dans un état permettant la mise à niveau. La commande suivante vous indiquera tous les paquets qui sont dans l'état « Half-Installed » ou « Failed-Config », ainsi que ceux qui sont dans un état d'erreur :

     # dpkg --audit

Vous pouvez aussi vérifier l'état de tous les paquets de votre système en utilisant dselect, aptitude, ou avec des commandes comme :

     # dpkg -l | pager

ou :

     # dpkg --get-selections > ~/paquets-actuels.txt

Il est souhaitable d'enlever tout paquet bloqué (on hold) avant de passer à la nouvelle version. Si un paquet essentiel pour la mise à jour est bloqué, la mise à jour va échouer. Notez qu'aptitude utilise une méthode différente pour enregistrer les paquets qui sont bloqués de celle d'apt-get et dselect. Vous pouvez identifier les paquets bloqués pour aptitude avec :

     # aptitude search "~ahold" | grep "^.h"

Si vous désirez vérifier quels paquets étaient bloqués pour apt-get, il vous faudra utiliser :

     # dpkg --get-selections | grep hold

Si vous aviez modifié et recompilé un paquet localement, sans changer son nom et sans mettre d'époque (« epoch ») dans la version, vous devez le bloquer pour éviter qu'il ne soit mis à niveau. L'état bloqué d'un paquet pour aptitude peut être changé en utilisant (remplacer hold par unhold pour enlever l'état de blocage) :

     # aptitude hold nom_du_paquet

Si vous devez corriger quelque chose, il est préférable de vous assurer que votre sources.list fait toujours référence à woody comme expliqué dans Vérifier votre liste de sources, Section A.3.


4.2.3 Sources non officielles et rétroportages

Si vous avez des paquets non-Debian sur votre système, vous devriez être conscient que ceux-ci peuvent être supprimés pendant la mise à niveau à cause de dépendances conflictuelles. Si ces paquets ont été installés par l'ajout d'une archive de paquets supplémentaire dans votre /etc/apt/sources.list, vous devriez vérifier si cette archive propose également des paquets compilés pour sarge et changer la ligne de source en conséquence en même temps que vos lignes de source pour les paquets Debian.

Certains utilisateurs peuvent avoir installé sur leur système woody des versions non officielles rétroportées de paquets plus récentes que celles qui sont dans Debian. De tels paquets sont les plus susceptibles de poser problème lors d'une mise à niveau car ils peuvent entraîner un conflit de fichiers[1]. La section Problèmes possibles pendant une mise à niveau, Section 4.4.5 contient des informations sur la façon de gérer des conflits de fichiers s'ils se produisent.


4.3 Préparer les sources d'apt

Avant de commencer la mise à niveau, vous devez ajuster le fichier de configuration des listes de paquets d'apt, /etc/apt/sources.list.

Apt prendra en compte tout paquet qui peut être trouvé par chacune des lignes « deb » et installera le paquet ayant le numéro de version le plus élevé, en donnant la priorité aux premières lignes mentionnées (ainsi, dans le cas de plusieurs miroirs Debian, on indiquera d'abord un disque dur local, puis des cédéroms, puis les miroirs FTP et HTTP).

Une version peut souvent être référencée à la fois par son nom de code (par exemple, woody, sarge) et par son nom d'état (c.-à-d. oldstable, stable, testing, unstable). Se référer à une version par son nom de code a l'avantage que vous ne serez jamais surpris par une nouvelle version et c'est pour cette raison que cette approche est choisie ici. Cela veut évidemment dire que vous devrez surveiller vous-même les annonces des nouvelles versions. Si vous utilisez à la place les noms d'état, vous verrez simplement une grande quantité de mises à jour de paquets disponibles dès qu'une publication aura lieu.


4.3.1 Ajouter des sources Internet à apt

La configuration par défaut est faite pour une installation depuis les principaux serveurs de Debian sur Internet, mais vous pouvez modifier /etc/apt/sources.list pour utiliser d'autres miroirs, de préférence plus proches de vous au sens réseau du terme.

Les adresses des miroirs Debian HTTP et FTP se trouvent à http://www.debian.org/distrib/ftplist (regardez dans la section « liste complète des miroirs » — Full list of mirrors). Les miroirs HTTP sont en général plus rapides que les miroirs FTP.

Par exemple, supposons que votre miroir Debian le plus proche est http://mirrors.kernel.org/debian/. Si vous regardez ce miroir avec un navigateur web ou FTP, vous verrez que les répertoires principaux sont organisés comme ceci :

     http://mirrors.kernel.org/debian/dists/sarge/main/binary-s390/...
     http://mirrors.kernel.org/debian/dists/sarge/contrib/binary-s390/...

Pour utiliser ce miroir avec apt, vous ajoutez cette ligne à votre fichier sources.list :

     deb http://mirrors.kernel.org/debian sarge main contrib

Notez que « dists » est ajouté implicitement, et les paramètres qui suivent le nom de version sont utilisés pour étendre le chemin à plusieurs répertoires.

Après avoir ajouté les nouvelles sources, commentez les lignes « deb » existantes dans le fichier sources.list en plaçant des signes # au début des lignes.

Chaque paquet nécessaire pour une installation est récupéré depuis le réseau et stocké dans le répertoire /var/cache/apt/archives (et dans le sous-répertoire partial pendant son transfert). Vous devez vous assurer d'avoir assez de place avant de commencer l'installation. Avec un système Debian relativement important, attendez-vous à télécharger au moins 300 Mo de données.


4.3.2 Ajouter des sources d'un miroir local à apt

Plutôt que d'utiliser des miroirs de paquets HTTP ou FTP, vous pouvez modifier /etc/apt/sources.list pour utiliser un miroir sur un disque local (éventuellement monté par NFS).

Par exemple, votre miroir de paquets peut être sous /var/ftp/debian/, et avoir des répertoires principaux tels que :

     /var/ftp/debian/dists/sarge/main/binary-s390/...
     /var/ftp/debian/dists/sarge/contrib/binary-s390/...

Pour utiliser ceci avec apt, ajoutez cette ligne à votre fichier sources.list :

     deb file:/var/ftp/debian sarge main contrib

Notez que « dists » est ajouté implicitement, et les paramètres qui suivent le nom de version sont utilisés pour étendre le chemin à plusieurs répertoires.

Après avoir ajouté les nouvelles sources, commentez les lignes « deb » existantes dans le fichier sources.list en plaçant des signes # au début des lignes.


4.3.3 Ajouter des sources sur cédérom et dévédérom à apt

Si vous voulez utiliser seulement les cédéroms, commentez les lignes deb existantes dans le fichier sources.list en plaçant des # au début des lignes.

Assurez-vous de la présence d'une ligne dans /etc/fstab qui autorise le montage du cédérom au point de montage /cdrom (ce point de montage /cdrom est nécessaire pour utiliser apt-cdrom). Par exemple, si /dev/hdc est votre lecteur de cédérom, le fichier /etc/fstab devrait contenir une ligne comme celle-ci :

     /dev/hdc /cdrom auto defaults,noauto,ro 0 0

Remarquez qu'il ne doit pas y avoir d'espace entre les mots defaults,noauto,ro dans la quatrième colonne.

Pour vérifier que cela fonctionne, insérez un cédérom et essayez d'exécuter :

     # mount /cdrom       # montera le cédérom au point de montage /cdrom
     # ls -alF /cdrom     # devrait afficher le contenu de la racine du cédérom
     # umount /cdrom      # démontera le cédérom

Puis, lancez :

     # apt-cdrom add

pour chaque cédérom binaire Debian en votre possession, afin d'ajouter les données concernant chaque cédérom dans la base de données d'apt.


4.4 Paquets mis à jour

La méthode recommandée pour faire une mise à niveau entre les versions de Debian GNU/Linux est d'utiliser le gestionnaire de paquets aptitude. Cet outil prend des décisions plus sûres pour l'installation des paquets qu'apt-get.

N'oubliez pas de monter les partitions requises (notamment les partitions racine et /usr) en lecture et écriture, avec une commande de ce type :

     # mount -o remount,rw /point_de_montage

Puis, revérifiez que les entrées de source apt (dans /etc/apt/sources.list) se réfèrent soit à « sarge » soit à « stable ». Note : les lignes de source pour un cédérom se réfèrent souvent à « unstable » ; bien que cela soit trompeur, vous ne devriez pas les changer.

Il est fortement recommandé d'utiliser le programme /usr/bin/script pour enregistrer une transcription de la session de mise à niveau. Ainsi, si un problème se produit, vous aurez un enregistrement de ce qui s'est produit, et vous pourrez fournir, s'il le faut, les informations exactes pour un rapport de bogue. Pour démarrer un enregistrement, tapez :

     # script -a ~/mise-a-niveau-vers-sarge.typescript

ou équivalent. Souvenez-vous de ne pas mettre le fichier d'enregistrement dans un répertoire temporaire tel que /tmp ou /var/tmp (les fichiers de ces répertoires peuvent être détruits pendant la mise à niveau ou pendant un redémarrage).

Le fichier d'enregistrement vous permettra également de revoir les informations qui ont défilé hors de l'écran. Basculez simplement sur la deuxième console (en utilisant alt-F2) et, après la connexion, utilisez less ~root/mise-a-niveau-vers-sarge.typescript pour voir le fichier.

Après avoir terminé la mise à niveau, vous pouvez stopper l'enregistement en entrant exit à l'invite de commandes.


4.4.1 Mettre à jour la liste des paquets

La liste des paquets disponibles pour la nouvelle version doit tout d'abord être récupérée. Cela est réalisé en exécutant[2] :

     # apt-get update

4.4.2 Mettre à jour aptitude

Des tests de mises à niveau ont montré que la version de sarge d'aptitude est meilleure lors de la résolution des dépendances complexes pendant une mise à niveau qu'apt-get et qu'aptitude de woody. Vous devriez donc commencer par le mettre à jour en utilisant :

     # aptitude install aptitude

Il vous sera présenté une liste des changements qui seront réalisés et il vous sera demander de les confirmer. Vous devriez étudier attentivement les changements proposés, en particulier les paquets qui seront supprimés par la mise à niveau, avant de les confirmer.

Dans certains cas, si un grand nombre de paquets est listé pour suppression, vous devriez pouvoir réduire cette liste en « mettant à jour par anticipation » d'autres paquets choisis en même temps qu'aptitude. Un exemple pourra clarifier cela. Pendant des tests de mise à niveau de systèmes ayant KDE d'installé, nous avons remarqué que cette étape va entraîner la suppression de paquets KDE et/ou Perl. La solution consiste à faire install aptitude perl au lieu de install aptitude.


4.4.3 Mettre à jour doc-base

Si le paquet doc-base est installé, il doit être mis à jour avant le reste du système. La raison est que sa mise à jour peut échouer si perl est mis à jour en même temps. Vous pouvez déterminer s'il est installé avec :

     # dpkg -l doc-base

Si la ligne affichée commence par un « i », c'est que le paquet est installé et qu'il doit être mis à jour avant de continuer :

     # aptitude install doc-base

4.4.4 Mettre à jour le reste du système

Vous êtes maintenant prêt à continuer avec la partie principale de la mise à niveau. Exécutez :

     # aptitude -f --with-recommends dist-upgrade

Ceci effectuera une mise à jour complète du système, c.-à-d. installera les versions les plus récentes de tous les paquets, et résoudra tous les changements possibles de dépendances entre paquets des différentes versions. Si nécessaire, cela installera de nouveaux paquets (habituellement de nouvelles versions de bibliothèques, ou des paquets ayant changé de nom), et retirera les paquets obsolètes en conflit (comme console-tools-libs).

Lorsque la mise à jour se fait à partir d'un ensemble de cédéroms, on vous demandera d'insérer d'autres cédéroms à plusieurs moments de la mise à niveau. Vous pourriez devoir insérer plusieurs fois le même cédérom. Cela est dû aux relations entre paquets répartis sur plusieurs cédéroms.

Les paquets déjà installés ayant une nouvelle version, mais qui ne peuvent être installés sans modifier l'état d'un autre paquet, seront laissés dans leur version actuelle (et affichés comme retenu — held back). Cela peut être résolu soit en utilisant aptitude et en choisissant d'installer ces paquets, soit en essayant aptitude -f install paquet.

L'option --fix-broken (ou simplement -f) indique à apt de corriger un système qui possède des dépendances défectueuses. Apt n'autorise pas l'existence de dépendances défectueuses sur un système.


4.4.5 Problèmes possibles pendant une mise à niveau

Si une opération utilisant aptitude, apt-get ou dpkg échoue avec l'erreur suivante :

     E: Dynamic MMap ran out of room

l'espace de cache par défaut est insuffisant. Vous pouvez résoudre cela soit en enlevant ou en commentant des lignes dont vous n'avez pas besoin dans /etc/apt/sources.list, soit en augmentant la taille du cache. La taille du cache peut être augmentée en positionnant APT::Cache-Limit dans /etc/apt/apt.conf. La commande suivante le positionne à une valeur qui devrait être suffisante pour la mise à niveau :

     # echo 'APT::Cache-Limit "12500000";' >> /etc/apt/apt.conf

Cela suppose que vous n'avez pas déjà positionné cette variable dans ce fichier.

Il est parfois nécessaire d'activer l'option d'apt APT::Force-LoopBreak pour pouvoir temporairement retirer un paquet essentiel à cause de boucles « Conflicts/Pre-Depends ». Aptitude vous alertera à ce propos et interrompra la mise à niveau. Vous pouvez contourner ce problème en passant l'option -o APT::Force-LoopBreak=1 sur la ligne de commande d'aptitude.

Il est possible que la structure de dépendances d'un système soit tellement défectueuse qu'elle requiert une intervention manuelle. Habituellement, cela signifie qu'il faut utiliser aptitude ou :

     # dpkg --remove nom_du_paquet

pour éliminer certains des paquets en cause, ou :

     # aptitude --fix-broken install
     # dpkg --configure --pending

Dans certains cas extrêmes, vous pourriez devoir forcer une réinstallation à l'aide d'une commande comme :

     # dpkg --install /chemin/vers/nom_du_paquet.deb

Les conflits de fichiers ne devraient pas se produire si vous mettez à niveau depuis un système woody « pur », mais ils peuvent se produire si vous avez des rétroportages non officiels d'installés. Un conflit de fichiers entraînera une erreur de ce type :

     Dépaquetage de la mise à jour de <paquet-toto> ...
     dpkg: erreur de traitement de <nom-paquet-pour-toto> (--unpack):
      tentative de remplacement de « <un-nom-de-fichier> »,
      qui appartient aussi au paquet <paquet-titi>

Vous pouvez tenter de résoudre un conflit de fichiers en forçant la suppression du paquet mentionné sur la dernière ligne du message d'erreur :

     # dpkg -r --force-depends nom_du_paquet

Après cela, vous devriez être en mesure de continuer la mise à niveau, en utilisant les commandes d'aptitude précédemment décrites.

Durant la mise à niveau, on vous posera des questions pour configurer ou reconfigurer de nombreux paquets. Quand on vous demandera si des fichiers des répertoires /etc/init.d ou /etc/terminfo ou le fichier /etc/manpath.config doivent être remplacés par la version du responsable du paquet, il est généralement nécessaire de répondre « oui » pour assurer la cohérence du système. Vous pouvez toujours revenir aux versions précédentes, puisqu'elles sont sauvegardées avec une extension .dpkg-old.

Si vous n'êtes pas certain de ce qu'il faut faire, notez le nom du paquet ou du fichier et examinez le problème plus tard. Vous pouvez chercher dans le fichier d'enregistrement pour revoir les informations qui étaient à l'écran lors de la mise à niveau.


4.5 Choses à faire avant le prochain redémarrage

Lorsque aptitude dist-upgrade est terminé, la mise à niveau « formelle » est terminée, mais il reste quelques petites choses dont vous devriez vous occuper avant le prochain redémarrage.

Vous pouvez lire le fichier /usr/share/doc/xfree86-common/README.Debian-upgrade.gz pour de plus amples informations sur la mise à jour des paquets du système de fenêtrage (« X Window System »). C'est pertinent pour tous les utilisateurs d'une version précédente de Debian. En clair, vous devez lire ce document.


4.5.1 Mettre à jour le noyau

Veuillez noter que ces procédures n'ont pas mis à jour le noyau Linux. Vous pouvez vouloir le faire vous-même, soit en installant l'un des paquets kernel-image-*, soit en compilant un noyau personnalisé depuis les sources.

Si vous utilisez actuellement un noyau de la série 2.4, l'ancienne série des noyaux Linux stables, vous pourriez vouloir le mettre à jour avec un noyau de la série 2.6 pour obtenir un meilleur support matériel, ou pour de meilleures performances.

Cependant, nous vous recommandons de ne pas faire une mise à jour vers un noyau 2.6 en tant que partie d'une mise à niveau de woody vers sarge. Certains problèmes associés avec une mise à jour vers un noyau 2.6 sont documentés dans Mettre à jour vers un noyau 2.6, Section 5.2.

Avant de mettre à jour votre noyau, vous devez d'abord choisir celui qui est le plus approprié à votre architecture. La liste des noyaux pouvant être installés est disponible en exécutant la commande :

     # apt-cache search ^kernel-image

Vous pouvez alors installer le paquet choisi en utilisant la commande aptitude install. Une fois ce nouveau noyau installé, vous devriez redémarrer dès que possible afin d'en tirer parti.

Veuillez noter que le système d'installation de woody (et des versions précédentes) n'installait pas le noyau en tant que paquet dans votre système. Cela a changé pour sarge et vous pouvez installer des paquets virtuels pour suivre les changements de noyaux. Ces paquets ont pour nom kernel-image-VERSION-ARCH avec VERSION correspondant au numéro de version du noyau (2.4 ou 2.6) et ARCH correspondant à l'une des architectures prises en charge. Si vous désirez avoir un support de sécurité pour le noyau intégré à la gestion des paquets, veuillez installer le paquet de noyau le plus adapté à votre matériel après la mise à niveau.

Pour les plus aventureux, il existe un moyen facile de compiler votre propre noyau sur Debian GNU/Linux. Installez le paquet kernel-package et lisez la documentation dans /usr/share/doc/kernel-package.


4.5.2 Faire une mise à jour de raidtools2 vers mdadm

Raidtools2 n'est plus maintenu par son développeur amont et a été remplacé par le paquet mdadm. mdadm est un seul programme qui peut réaliser pratiquement toute tâche de gestion RAID sans fichier de configuration ; par défaut, il n'en utilise pas.

Le reste de cette section fournit des conseils de mise à jour pour les utilisateurs de raidtools2.

Comme mentionné ci-dessus, dans la plupart des cas, mdadm peut fonctionner sans fichier de configuration. Si vous utilisez un noyau qui configure automatiquement la table RAID, vous pouvez passer ce paragraphe — il vous suffit d'installer le paquet mdadm et le RAID sera détecté pendant le processus de démarrage. Les noyaux standard dans Debian incluent la prise en charge de la configuration des tables RAID au démarrage. Vous devez également vous assurer que les partitions sont bien du type « Linux raid autodetect » (id fd). La commande suivante liste le type actuel des partitions :

     # fdisk -l périphérique_disque

Si vous avez une configuration mélangée avec certaines tables RAID qui sont configurées automatiquement et d'autres qui ne le sont pas, vous devez créer un fichier de configuration.

Pour migrer du fichier de configuration /etc/raidtab (raidtools2) vers /etc/mdadm/mdadm.conf (mdadm), veuillez exécuter :

     # echo 'DEVICE /dev/hd*[0-9] /dev/sd*[0-9]' > /etc/mdadm/mdadm.conf
     # mdadm --examine --scan >> /etc/mdadm/mdadm.conf

Ces commandes généreront un fichier de configuration avec les tables existantes de votre système.

Vous devez également vous assurer que les tables RAID sont lancées automatiquement au démarrage. Vérifiez le fichier /etc/default/mdadm pour voir si la variable AUTOSTART est positionnée à true.


4.6 Paquets obsolètes

Avec l'introduction de plusieurs milliers de nouveaux paquets, sarge marque également la fin et le retrait de plus de deux mille anciens paquets présents dans woody. Il n'est pas prévu de chemin de mise à jour pour ces paquets obsolètes. Bien que rien ne vous empêche de continuer à utiliser ces paquets si vous le désirez, le projet Debian va habituellement stopper le support de sécurité pour ceux-ci un an après la sortie de sarge[3] et ne fournira normalement pas d'autre support entre temps. Il vous est recommandé de les remplacer par un logiciel alternatif, s'il en existe.

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles un paquet peut avoir été retiré de la distribution : il n'est plus maintenu en amont, il n'y a plus de responsable Debian intéressé par la maintenance du paquet, la fonctionnalité fournie par le paquet a été remplacée par un logiciel différent (ou une nouvelle version) ou il n'est plus considéré comme convenable pour sarge en raison de ses bogues. Dans ce dernier cas, le paquet peut cependant toujours être présent dans la distribution « unstable ».

Détecter quels paquets sont « obsolètes » dans un système mis à niveau est facile car les interfaces de gestion des paquets les marqueront comme tel. Si vous utilisez aptitude, vous verrez une liste de ces paquets sous l'entrée « Paquets obsolètes ou créés localement ». Dselect fournit une section similaire, mais la liste présentée peut être différente. Si vous avez utilisé aptitude pour installer des paquets manuellement dans woody, le programme aura gardé la trace de ces paquets installés manuellement et pourra marquer comme obsolètes les paquets tirés par les seules dépendances et qui ne sont plus nécessaires si un paquet est supprimé. À la différence de deborphan, aptitude ne marquera pas comme obsolètes des paquets que vous avez installés manuellement, au contraire de ceux qui ont été installés automatiquement par les dépendances.

Il existe des outils supplémentaires que vous pouvez utiliser pour trouver les paquets obsolètes comme deborphan, debfoster ou cruft. Deborphan est hautement recommandé, bien qu'il n'indique (dans le mode par défaut) que les bibliothèques obsolètes : les paquets dans les sections « libs » ou « oldlibs » qui ne sont utilisés par aucun autre paquet. Ne supprimez pas aveuglément les paquets que ces outils présentent, particulièrement si vous utilisez des options non standard aggressives, car ils sont susceptibles de produire des faux positifs. Il est hautement recommandé d'examiner manuellement les paquets suggérés à la suppression (c.-à-d. leurs contenu, taille et description) avant de les supprimer.

Le système de suivi des bogues de Debian fournit souvent des informations supplémentaires sur les raisons pour lesquelles un paquet a été retiré. Vous devriez consulter à la fois les comptes-rendus de bogue archivés pour le paquet lui-même et ceux du pseudo-paquet ftp.debian.org.


4.6.1 Paquets factices

Certains paquets de woody ont été divisés en plusieurs paquets dans sarge, souvent pour améliorer la maintenabilité du système. Pour faciliter le chemin de mise à jour dans de tels cas, sarge fournit souvent des paquets « factices » (« dummy packages » en anglais) : des paquets vides qui ont le même nom que l'ancien paquet de woody avec des dépendances entraînant l'installation des nouveaux paquets. Ces paquets factices sont considérés comme des paquets obsolètes après la mise à jour et peuvent être supprimés sans problème.

La plupart (mais pas toutes) des descriptions des paquets factices indiquent leur but. Cependant, les descriptions des paquets factices ne sont pas uniformes, vous pourriez donc trouver que deborphan avec les options de type --guess-* sont utiles pour les détecter sur votre système. Notez que certains paquets factices ne sont pas destinés à être supprimés après une mise à jour, mais ils sont utilisés pour déterminer quelle est la version actuellement disponible d'un programme.


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