Installer Debian Potato

par Mark Stone (traduction par Christian Couder)

Note : ce n'est pas le Manuel d'installation de Debian GNU/Linux 2.2 (Potato) officiel.

Hamm. Slink. Potato. Woody. Non, vous n'êtes pas en train de regarder Toy Story. Vous venez de rencontrer la lignée des distributions Debian. Que votre but soit de bouter le mauvais système d'exploitation Zurg hors de votre ordinateur, ou de trouver un moyen de cohabiter pacifiquement avec lui, vous vous apercevrez que la version stable actuelle de Debian, c'est-à-dire Potato, est la plus facile des Debian.

Traditionnellement Debian et Red Hat ont des distributions Linux différentes : Red Hat est réputée être plus facile à installer, tandis que Debian est réputée être plus facile à maintenir et à mettre à jour une fois qu'elle est installée. Bien que ces différences restent vraies, Debian est maintenant beaucoup plus facile à installer.

Nous n'allons pas vous emmener à travers toutes les subtilités de Debian dans cet article. Ce que nous allons faire c'est vous montrer comment mettre en place une machine en dual boot qui vous permettra de lancer soit Windows soit Debian GNU/Linux, et nous allons vous montrer comment faire le genre d'installation simple qu'un débutant voudrait pour s'amuser avec Linux et avoir quelques sensations sur le fonctionnement du système.

Voici les étapes que nous allons parcourir :

  1. Documenter votre système ;
  2. Préparer votre disque dur ;
  3. Installer le système Debian de base ;
  4. Choisir et installer les paquets ;
  5. Configurer le système ;
  6. Un bref coup d'œil à la mise à jour d'une Debian.

Debian peut être installée à partir de disquettes si c'est absolument nécessaire ; cependant nous supposerons que vous avez un CD de Debian Potato. Debian peut être installée sur de nombreux systèmes, depuis un vieil ordinateur 486 jusqu'aux architectures modernes no -Intel. Une installation complète de tous les paquets Debian possibles prendrait plusieurs gigaoctets ; alors que certaines versions de Linux peuvent tenir sur une seule disquette. L'éventail des possibilités avec Linux est grand. Nous allons supposer, cependant, un profil standard. Nous supposerons que vous avez une machine existante qui tourne sous Windows 98, avec le matériel adéquat pour cela. Nous supposerons que vous avez un processeur Pentium, au moins 64 mégaoctets de RAM, une carte vidéo qui accepte la couleur avec une résolution d'au moins 1024x768, un lecteur de CD, un modem, et un gros disque dur (nous utiliserons 10 gigaoctets dans cet exemple).

Finalement, nous supposerons que vous ne voulez pas éliminer Windows pour l'instant, mais que vous voulez configurer votre machine de façon à pouvoir choisir au démarrage (c'est-à-dire au moment du boot) entre Windows et Linux. Ce type de configuration est appelé une machine en dual boot.

Notez qu'aucun guide d'installation ne peut couvrir tous les cas. Mais notez aussi que vous n'êtes pas seul. Le canal irc #linuxhelp sur irc.freenode.net est un excellent endroit pour chercher de l'aide, de même que #linux.com-live ! Vérifier le calendrier des Live de Linux.com pour les futures séances d'installation sur IRC. En fait, cet article a été rendu possible par les réponses extraordinaires qui ont été faites sur IRC pendant les séances d'installation à la LinuxWorld Conference and Expo en août dernier.

Documenter votre système

Linux peut faire maintenant un excellent travail de test automatique de votre système pour déterminer quel matériel vous avez, et quels paramètres de configuration sont adaptés à ce matériel. Parfois, cependant, Linux a besoin d'aide, et il peut même arriver que vous ayez des composants non encore supportés par Linux. Pour anticiper ces inconvénients, et pour savoir que faire à ce propos, il est important de documenter exactement ce que vous avez sur votre machine.

Voici un pense-bête pour les divers composants système sur lesquels vous feriez mieux de vous renseigner à l'avance :

Matériel Information nécessaire
Disque(s) dur(s) Numéro, taille, et type de chaque disque dur. Quel disque dur est reconnu par votre système comme étant le premier, le second, etc. Quel type d'adaptateur (IDE ou SCSI) est utilisé par chaque disque.
RAM La quantité de RAM installée.
Lecteur(s) de CD Quel type d'adaptateur (IDE ou SCSI) est utilisé par chaque disque.
Adaptateur SCSI (éventuel) Fabricant et modèle de la carte.
Carte réseau (éventuelle) Fabricant et modèle de la carte.
Souris Type (PS/2, USB, série, ou bus). Protocole (Microsoft, Logitech, MouseMan, etc.). Si c'est une souris sur le port série, le port sur lequel elle est connectée.
Carte vidéo Fabricant et modèle de la carte. Quantité de mémoire RAM vidéo.
Moniteur Profondeur de couleur maximale et résolution de l'écran que le moniteur accepte sous Windows. Taux de rafraîchissement horizontal et vertical.
Modem (éventuel) Si externe, le port série sur lequel il est connecté.

Windows peut en fait vous fournir la plupart des informations que vous avez besoin de connaître sur votre système. Choisissez Démarrer -> Paramètres -> Panneau de contrôle -> Système. Vous devriez voir quelque chose comme :

La plupart des informations se trouvent dans le Gestionnaire de matériel. Choisir cet onglet devrait faire apparaître une fenêtre comme celle-ci :

Ceci vous montrera quels matériels sont installés sur votre système. Choisir un matériel, et cliquer sur le bouton des Propriétés vous montrera les paramètres pour ce matériel.

Préparer votre disque dur

Bill Gates a dit une fois, 640k de RAM devrait être suffisant pour n'importe qui. C'est ce type de prévision qui a transformé une limitation du DOS en un outil intéressant : la partition du disque. DOS, Windows 3.1, et même la version initiale de Windows 95 ont une limitation sur la quantité d'espace disque qu'ils peuvent reconnaître. Si un disque est plus gros que cette limite (2 gigaoctets sous Windows 95, je crois), alors le système d'exploitation ne peut tout simplement pas voir le reste du disque.

Pour contourner cette limitation, les disques peuvent être formatés en segments logiquement distincts, appelés partitions. Une fois formatée de cette façon, chaque partition est traitée par le système d'exploitation comme si elle était un disque dur distinct. Sous Windows, si vous commencez avec un disque dur C:, et le partitionnez, la première partition apparaîtra comme C:, et la seconde comme D:.

Nous exploiterons cette possibilité pour laisser une partition formatée comme partition Windows, et pour créer une seconde partition formatée comme partition Linux sur laquelle nous installerons Debian GNU/Linux.

Windows 98 peut reconnaître les disques durs de grandes tailles, donc ces temps-ci la plupart des ordinateurs sont vendus avec un disque dur formaté avec une seule partition. Ceci signifie que vous devrez :

  1. défragmenter votre disque dur ;
  2. retailler la partition existante pour qu'elle remplisse seulement une partie du disque, et
  3. ajouter une seconde partition dans l'espace ainsi libéré.

L'astuce est de retailler votre partition Windows sans détruire aucune des données qui s'y trouvent. Auparavant c'était quelque chose de difficile à réaliser. Ces jours-ci, c'est assez simple en utilisant un outil appelé GNU Parted. Voici ce que nous allons faire :

  1. créer une disquette de démarrage (boot) contenant les composants Linux absolument nécessaires pour faire tourner Parted ;
  2. démarrer l'ordinateur avec cette disquette ;
  3. lancer Parted pour retailler votre partition Windows ;
  4. redémarrer l'ordinateur et lancer l'installation de Debian.

Retailler votre disque dur de façon non destructive sera plus facile, et moins susceptible de causer des problèmes, si auparavant vous défragmentez votre disque dur. Windows, en effet, ne stocke pas les fichiers dans des secteurs contigus sur votre disque. Il en résulte que les fichiers peuvent se trouver éparpillés sur une plus grosse partie de votre disque que l'espace que vous utilisez effectivement. La défragmentation compacte simplement les données en utilisant les secteurs aussi efficacement que possible au début de votre disque dur.

Vous pouvez utiliser les outils natifs de défragmentation de Windows en sélectionnant Démarrer -> Programmes -> Accessoires -> Utilitaires système -> Utilitaires disques. Des programmes de défragmentation plus efficaces sont fournis avec des suites d'utilitaires comme Norton Utilities.

Créer une disquette Parted

Initialement, votre disque dur ressemblera à quelque chose comme ceci si vous sélectionnez Mon ordinateur -> C: -> Propriétés :

Pour créer la disquette Parted, vous aurez besoin de :

  1. une disquette vierge ;
  2. l'image disque Parted ;
  3. un programme nommé Rawrite permettant d'écrire des fichiers bruts sur des disques.

Vous pouvez trouver l'image du disque Parted à https://www.gnu.org/software/parted/. C'est le fichier qui se termine par l'extension .img. Il devrait y avoir une copie de Rawrite sur votre CD Debian. Si vous ne le trouvez pas, vous pouvez toujours le télécharger à ftp.debian.org/debian/tools/.

Quand vous lancerez rawrite il vous demandera le fichier source ; donnez-lui le chemin où vous avez téléchargé l'image du disque Parted. Cela sera quelque chose comme C:\Windows\Desktop\parted.img. Il vous demandera ensuite la cible, votre disquette. Entrez "A:".

Maintenant reboutez simplement votre ordinateur avec cette disquette dans le lecteur.

Lancer Parted

Quand la disquette boutera, vous verrez défiler un tas de messages peu compréhensibles, qui sont la signature de la routine du processus de démarrage sous Linux. Vous vous retrouverez finalement en ligne de commande, quelque chose qui rappelle le DOS, et vous verrez un message disant probablement en anglais quelque chose qui pourrait se traduire par Vous pouvez lancer parted en tapant parted PÉRIPHÉRIQUE où le périphérique en question est le nom du périphérique que vous voulez partitionner.

Linux a un schéma de nommage des disques durs différent. Tous les périphériques, y compris les disques durs, sont présents dans un répertoire nommé /dev. Les noms des disques durs IDE — le type le plus courant — commencent avec les lettres hd. Le premier disque dur sera a, le second b, et ainsi de suite. Chaque partition sur un disque reçoit un nombre, commençant par 1. Donc Linux appellerait /dev/hda1 la première partition sur votre premier disque dur, et /dev/hda l'ensemble du premier disque dur.

La commande que nous voulons, en supposant que vous avez un disque IDE, est : parted /dev/hda.

Ceci vous amènera sur une nouvelle ligne de commande où vous verrez quelque chose comme :

(parted)

Si vous tapez sur la touche entrée, sur ?, ou si vous tapez help à ce moment-là, vous obtiendrez la liste de toutes les commandes de parted, comme ceci :

Supposons que nous voulons réduire la taille de notre partition de 10 gigaoctets à, par exemple, 4 gigaoctets. Alors nous devons retailler la partition numéro 1, en commençant par le début, et en finissant à 4000. La commande ressemblerait à ceci :

(parted) resize 1 0 4000

C'est tout ce que vous avez à faire.

Vous verrez peut-être quelques messages d'avertissement en lançant parted, qui seront dus soit à de légères différences dans la façon dont Windows et Linux mesurent la taille des disques, soit au déplacement de fichiers système de Windows. D'après notre expérience, ces avertissements peuvent sans risque être ignorés.

Si ensuite vous reboutez votre ordinateur, Windows 98 apparaîtra comme auparavant, et tous vos programmes et fichiers seront intacts. La seule différence que vous noterez est le fait que Windows croit maintenant que le disque dur est plus petit :

Vous êtes maintenant prêt à installer Debian.

Installer le système de base de Debian

De nos jours, la plupart des ordinateurs ont un BIOS configuré pour supporter les CD de démarrage. Si votre ordinateur supporte les CD de démarrage, alors vous devez simplement insérer le CD de Debian Potato dans le lecteur, et rebouter votre machine.

Si votre ordinateur ne supporte pas les CD de démarrage, alors vous devrez créer une disquette de démarrage Debian. Vous utiliserez le même programme Rawrite que vous avez utilisé pour créer la disquette parted. Il vous suffit d'indiquer à Rawrite l'image de la disquette de démarrage Debian. Vous la trouverez sur le CD Debian. Le chemin devrait être quelque chose comme D:\foo.

Vérifiez bien que votre CD Debian est dans le lecteur de CD. Que vous boutiez depuis le CD ou depuis une disquette de démarrage, vous devriez voir apparaître un écran de démarrage comme celui-ci :

A ce moment-là, vous pouvez simplement taper sur la touche entrée. En effet, on vous posera, au début de l'installation, plusieurs questions élémentaires sur votre système, auxquelles le plus sûr est généralement de répondre avec le choix par défaut en tapant sur la touche entrée.

Vous découvrirez que le script d'installation de Debian n'utilise que quelques conventions simples pour la navigation. C'est un script d'installation basé sur curses. Ce qui veut dire en termes simples que le script utilise tout l'écran, et qu'il possède le concept de curseur, mais pas celui de souris. Curses est la bibliothèque de programmes sous Linux qui fournit ces possibilités. Sur un écran donné vous pouvez normalement naviguer entre les sélections en utilisant la touche de tabulation, ou les flèches vers le haut et vers le bas. Taper la touche entrée valide la sélection actuelle.

Vous découvrirez aussi que le script d'installation de Debian vous demandera à plusieurs reprises quel médium d'installation vous voulez utiliser, et à partir de quelles sources de ce médium vous voulez faire l'installation. Pour les besoins de cet article, nous installerons toujours depuis un CD et nous installerons toujours depuis l'archive principale stable (stable main archive). Si vous trouvez ces demandes répétées des mêmes informations ennuyeuses, sachez que vous n'êtes pas le seul. Mais remarquez que cette structure donne à Debian la possibilité de mélanger et de choisir les sources d'installation, ce qui est une flexibilité que vous apprécierez si jamais vous devez installer sans CD.

Une fois que vous avez commencé la véritable installation, vous verrez les notes sur la version (Release Notes) :

Il vous sera demandé de choisir votre type de clavier (Français, AZERTY, probablement) :

Le premier endroit où vous devrez fournir plus que les informations par défaut sera lors du partitionnement. Il vous sera proposé l'option de partitionner un disque dur :

Qu'est-ce donc que LILO ? Vous vous poserez la question à plusieurs endroits lors de l'installation ; ceci est le premier endroit où cette question se pose. LILO est le LInux LOader (chargeur Linux), le programme qui va effectivement gérer le processus de démarrage (boot) de votre ordinateur une fois que l'installation de Linux sera terminée. Les chargeurs de démarrage (boot loaders) résident sur un secteur spécial de la partition du disque dur connu sous le nom de MBR (Master Boot Record). Votre BIOS sait comment passer le contrôle de la machine à tout programme se trouvant dans le MBR une fois qu'il en a terminé avec ses propres tâches. C'est au programme se trouvant dans le MBR de savoir où trouver sur le disque le code démarrant le système d'exploitation sur votre disque dur.

Nous allons remplacer le processus de démarrage de Windows par LILO. Nous faisons cela parce que le processus de démarrage de Windows ne sait démarrer que Windows. LILO, lui, sait comment démarrer plusieurs systèmes d'exploitation, y compris Linux et Windows, et il permet de choisir au démarrage le système d'exploitation que l'on va utiliser.

Donc lorsque l'on vous demande si vous voulez rendre Linux démarrable depuis le disque dur, et si vous voulez installer LILO sur le MBR, il faudra toujours répondre oui.

L'installation de la Debian vous amènera ensuite à utiliser un programme nommé cfdisk. cfdisk, comme parted, est utilisé pour créer des partitions. L'interface en ligne de commande de cfdisk ressemble même à celle de parted :

Vous devrez alors créer deux partitions. L'une de celles-ci sera une partition Linux standard, sur laquelle Debian sera installé. L'autre sera une partition de swap. Une partition de swap est simplement de l'espace disque sur lequel des données stockées en RAM peuvent être mises temporairement lorsque le système a besoin de libérer de la RAM. Pensez-y comme à une utilisation du disque dur pour donner en urgence de la RAM supplémentaire.

Créez la partition de swap en premier, et mettez-la après la partition Windows de votre disque. Dans cfdisk cela veut dire utiliser les touches fléchées pour déplacer le curseur vers le bas jusqu'à la zone d'espace libre, et ensuite utiliser la touche de tabulation pour se déplacer à travers les commandes en bas de l'écran jusqu'à arriver à la commande new. Ensuite tapez entrée.

Ceci fera apparaître le menu des types de système de fichier, où chaque entrée du menu a un nom et un nombre hexadécimal associé. Vous sélectionnez un type de système de fichier en entrant le nombre hexadécimal approprié. Notez que le menu possède en fait deux écrans, et que vous pouvez vous rendre sur le second écran en tapant sur la barre d'espace. Le type Linux swap est sur le second écran, et possède le numéro associé 82 :

Demander à deux gourous de Linux quelle taille doit avoir la partition de swap c'est comme demander à un supporter du PSG et un supporter de l'OM quelle est la meilleure équipe de foot. Les guerres de religions ont commencé sur des sujets moins controversés. Notre opinion, et nous savons que d'autres en ont une différente, est que la taille de votre partition de swap devrait être deux fois plus grande que la quantité de RAM que vous avez, jusqu'à un maximum de 128 mégaoctets de swap. Donc si votre ordinateur a 128 mégaoctets de RAM ou plus, faites une partition de swap de 128 mégaoctets. Si votre ordinateur a 32 mégaoctets de RAM, faites une swap de 64 mégaoctets. Et ainsi de suite.

Une fois que vous avez ajouté la partition de swap, vous devrez encore descendre dans la liste jusqu'à l'espace libre, et choisir new. Maintenant vous allez créer une partition Linux standard (numéro hexadécimal 83) pour remplir le reste de votre disque dur.

Une fois que vous avez créé ces nouvelles partitions, vous devez explicitement écrire la table des partitions sur votre disque dur. Autrement, ces modifications ne prendront pas effet. Donc écrivez (write) la table des partitions, et ensuite quittez cfdisk.

Vous vous retrouverez sur le script d'installation de Debian. On vous demandera si vous voulez initialiser une partition de swap, dites oui.

On vous demandera alors si vous voulez initialiser une partition Linux. Dites oui. Ceci signifiera que vous allez créer un répertoire dans le système de fichiers où votre partition Linux sera montée, en d'autres mots un répertoire grâce auquel on pourra accéder aux données se trouvant sur cette partition. Vous voudrez ensuite faire de celui-ci le répertoire racine : /. On vous demandera alors si vous souhaitez une compatibilité avec le système de fichier de la version 2.0. Ce choix n'est pas critique, mais sauf si vous faites une mise à jour d'un vieux système Linux, il n'y a pas de raison de maintenir une compatibilité :

Quand le script d'installation initialise une partition, il vous demandera si vous voulez faire une vérification des blocs défectueux. C'est en gros une vérification physique de la surface du disque pour trouver les zones endommagées ou inutilisables. Il ne devrait pas y en avoir, et une vérification sera probablement l'étape la plus longue du processus d'installation, en particulier sur un gros disque dur. Vous devriez quand même faire cette vérification. La faire une fois à l'installation permettra ensuite à Linux d'écrire les données seulement sur des zones sûres du disque dur. C'est un petit investissement avec un gros rendement.

Notez que Debian vous propose généralement un choix par défaut pour l'étape suivante dans le processus d'installation, et un choix alternatif. Nous choisirons presque toujours le choix par défaut. Cependant, une fois que vous avez initialisé votre partition Linux, nous sélectionnerons l'alternative : monter une partition initialisée au préalable.

Linux est capable de lire et d'écrire des informations dans le format du système de fichier Windows VFAT. Ceci signifie que nous pouvons accéder aux informations se trouvant sur la partition Windows du disque dur même lorsque nous faisons tourner Linux. Mais pour activer cette possibilité, nous devrons initialiser la partition Windows.

Sélectionnez donc mount a previously initialized partition (monter une partition initialisée au préalable) et trouvez un nom au répertoire qui vous permettra d'accéder à votre partition Windows. Un nom comme /win98 ou /windows conviendra très bien.

Vous devez maintenant installer le noyau et les modules du système d'exploitation. Pour un grand nombre de systèmes vous pourrez simplement sélectionner les choix par défaut. Nous supposons une installation à partir d'un CD :

Configurer les modules pilotes de périphériques sera nécessaire si vous avez une carte réseau, une carte son, une imprimante, ou tout autre périphérique en dehors du matériel de base de votre système. Par exemple, si vous voulez le support d'une imprimante, vous trouverez le module du support de l'impression parmi les modules divers (miscellaneous). Sélectionnez divers (miscellaneous), descendez dans la liste des modules jusqu'à ce que vous voyez lp, et sélectionnez ce module pour l'installation. On vous demandera d'entrer des paramètres, mais pour la plupart des modules les paramètres peuvent être autodétectés, donc il n'y a besoin d'entrer aucun paramètre. Vous devriez voir un message du type installation succeeded (succès de l'installation), auquel cas vous pouvez retourner au menu des modules et installer d'autres modules si nécessaire.

Si vous obtenez un message du type installation failed (l'installation a échouée) vous devrez chercher l'adresse mémoire des entrées/sorties et les paramètres IRQ de ce matériel dans votre système. Ces informations devraient être sur le pense-bête que vous avez préparé. Vous pourriez vous apercevoir, par exemple, que pour faire reconnaître une carte Ethernet particulière vous devez explicitement entrer quelque chose comme :

io=0x280 irq=7

Configurer et optimiser votre noyau et les modules, cependant, est un processus complexe que vous examinerez une fois que votre système sera fonctionnel et en marche. C'est en dehors du cadre de cet article, mais c'est un sujet que nous couvrons en détail ailleurs. En fait, c'était le sujet de notre Linux.com Live! au Atlanta Linux Showcase cet automne.

Le script d'installation vous présente ensuite un simple menu pour choisir la zone horaire dans laquelle vous vivez.

On vous demandera ensuite si vous voulez mettre l'heure système à l'heure locale ou à l'heure du méridien de Greenwich (GMT Greenwich Meridian Time). Windows a du mal à comprendre GMT, donc sur une machine en dual boot vous préférerez choisir l'heure locale. L'exception à ceci serait un portable sur lequel vous auriez des problèmes à garder l'horloge en mode économie d'énergie, sauf si vous utilisez GMT.

Le script d'installation vous demandera alors de choisir des options sur la façon de configurer le démarrage de votre ordinateur. Nous supposerons que la machine sera en dual boot avec LILO qui gérera le processus de démarrage et qui vous laissera choisir entre démarrer Windows et Linux. Le dual boot peut être géré de façon différente, mais ceci est l'approche la plus immédiate. Donc installez LILO sur le MBR du disque dur, et non uniquement sur le secteur de démarrage de la partition.

On vous demandera si vous voulez ou non créer une disquette de démarrage. C'est une précaution utile, même si vous démarrerez normalement directement depuis le disque dur. En cas de problème -- nous avons déjà vu Norton Antivirus traiter LILO comme un virus, par exemple -- vous pourrez démarrer le système et faire les réparations en utilisant la disquette de démarrage.

Le système redémarrera ensuite. Retirez bien votre CD Debian avant le redémarrage, car sinon le script d'installation recommencera depuis le début.

Linux est un système d'exploitation multiutilisateur qui est sûr. Cela signifie que vous devez explicitement vous identifier auprès du système (vous loguer) pour pouvoir l'utiliser, et vous devez le faire en tant qu'utilisateur particulier (non, vous ne pouvez pas utiliser l'astuce Windows qui consiste à appuyer sur la touche d'échappement (Esc) lorsque l'on vous demande un nom et un mot de passe utilisateur). Les différents utilisateurs sur un système Linux ont des privilèges différents. Un utilisateur particulier, l'utilisateur root, a tous les droits, tandis que les utilisateurs finaux ont des droits restreints. Les comptes des utilisateurs finaux sont typiquement créés pour permettre aux utilisateurs de faire tourner des programmes, de visualiser et d'éditer des fichiers, mais ils empêchent les utilisateurs de modifier la configuration du système et d'installer de nouveaux programmes qui auraient un impact sur tout le système.

Cette étape du script d'installation vous guidera à travers les bases de la création et de la configuration de comptes utilisateurs sécurisés par mots de passe. Vous devez créer au moins l'utilisateur root. Nous vous recommandons fortement de vous loguer en root uniquement lorsque vous avez de la maintenance système à effectuer. Vous devriez créer un compte d'utilisateur final ordinaire que vous utiliserez pour vos activités quotidiennes. Non seulement cela rendra votre système plus sûr, mais cela vous évitera les flammes et les moqueries des utilisateurs plus expérimentés de Linux qui tiquent lorsqu'ils voient root@ dans un en-tête de courrier électronique ou d'hôte IRC.

À l'origine les mots de passe Unix étaient stockés chiffrés dans des fichiers textes lisibles par tout le monde (dans le fichier /etc/passwd du système). Aujourd'hui Linux se fie à des moyens de cryptographie plus avancés pour assurer la sécurité des mots de passe. On vous proposera d'en utiliser deux. MD5 est l'un d'entre eux :

Les mots de passe cachés (shadow passwords) est l'autre :

Notre préférence personnelle est d'utiliser les mots de passe cachés (shadow passwords) et non MD5, mais les opinions sur ce sujet varient considérablement. Le principal étant que vous devriez au moins utiliser l'un des deux.

On vous demandera ensuite de choisir un mot de passe pour le superutilisateur :

L'écran n'affichera pas ce que vous tapez, mais on vous demandera de le retaper de façon à vérifier que vous avez bien tapé ce que vous croyez avoir tapé.

Le choix judicieux des mots de passe est un autre de ces sujets qui peuvent engendrer des débats d'un fanatisme presque religieux chez les utilisateurs de Linux. Gardez à l'esprit que la plupart des PC d'aujourd'hui peuvent facilement tester chaque mot du dictionnaire, ou même chaque combinaison de deux ou trois mots, dans un processus automatisé ayant pour but de trouver un mot de passe. Par contre relier ensemble plusieurs PC travaillant sur un exploit (une faille) de sécurité ou utiliser un ordinateur plus puissant pour découvrir un mot de passe qu'on ne peut deviner est quelque chose de beaucoup plus difficile.

Il y a des règles simples à suivre. Au contraire de certains mots de passe, les mots de passe sous Linux sont sensibles à la casse. Utilisez cela à votre avantage, et mettez un mélange de minuscules et de majuscules. Vous pouvez -- et devez -- aussi mettre des chiffres et des signes de ponctuation. Le résultat devrait être quelque chose qui ne contient aucun mot anglais ou français, mais dont vous pouvez facilement vous souvenir, et que quelqu'un qui vous connaît ne pourrait pas facilement deviner.

Voici quelques exemples :

On vous demandera ensuite de créer un compte d'utilisateur ordinaire :

Nous vous recommandons fortement de le faire. Vous devriez utiliser les mêmes règles de sécurité pour choisir le mot de passe d'un utilisateur que celles que vous utilisez pour choisir un mot de passe root, et n'utilisez pas le même mot de passe.

On vous demandera ensuite si vous avez besoin de modules PCMCIA :

Vous en aurez besoin seulement si vous installez un portable et si votre lecteur de CD est lié au portable par une carte PCMCIA.

Choisir et installer les paquets

Un système d'exploitation n'est rien sans applications tournant au dessus de celui-ci. Les applications Debian sont stockées dans des paquets qui contiennent les informations nécessaires pour que le système de gestion des paquets, dpkg, garde une trace de tous les paquets et de toutes les dépendances entre les paquets sur votre système.

L'interface utilisateur de dpkg est un programme appelé apt. Apt a besoin de quelques renseignements concernant ce que vous voulez installer et à partir d'où vous voulez l'installer. On vous demandera de choisir la source de l'installation pour apt :

Apt est une partie vitale de tout système Debian, et un outil que vous apprendrez à apprécier au fur et à mesure que votre système évoluera. Vous noterez que l'une des options de configuration d'apt est http. Ceci vous permettra de pointer apt sur le site web de Debian, et en supposant que vous soyez connecté à Internet à ce moment là, d'installer ou de mettre à jour un paquet simplement en tapant la commande apt-get install ou apt-get upgrade. Le reste du processus devrait, et c'est le cas d'habitude, fonctionner sans problème en tâche de fond.

Pour l'instant, cependant, vous ferez pointer apt sur votre lecteur de CD comme source des paquets. Une fois que vous aurez fini l'installation et fait quelques modifications finales, vous pourrez reconfigurer apt pour qu'il pointe sur un miroir du site web Debian, ce qui vous fournira un moyen simple de mettre à jour et de modifier votre système.

On vous demandera ensuite de choisir entre une configuration simple ou avancée :

En particulier si vous êtes débutant sous Linux, mais même si vous n'êtes débutant que sous Debian, vous devriez certainement choisir simple. L'installation simple signifie que vous aurez un petit peu plus de travail à faire ensuite avec apt pour rajouter des paquets supplémentaires ou en enlever certains non désirés, mais c'est une surcharge relativement mineure. L'installation advanced (avancée) vous emmènera directement à l'ancienne méthode d'installation de Debian, dselect. Sauf si vous aimez vous balader dans les descriptions de plusieurs milliers de paquets en utilisant une interface texte obtuse, nous vous recommandons d'éviter dselect.

L'installation simple vous amène ensuite sur un menu qui vous laisse choisir les groupes de paquets que vous voulez installer :

Vous pouvez avoir la liste exacte des paquets sélectionnés en déplaçant le curseur sur un groupe de paquets et en tapant i. Cela fera apparaître un écran d'information avec une description plus détaillée du groupe et la liste des paquets du groupe.

Nous recommandons de sélectionner les paquets associés à Gnome, et les paquets associés au système X Window. Ils vous fourniront une station de travail graphique facile à utiliser ayant de grandes capacités Internet, ce qui est exactement ce que la plupart des utilisateurs recherchent.

Traditionnellement l'une des parties les moins évidentes de l'installation de Linux est l'installation du système X Window, qu'on appelle simplement X. X est ce qui vous libère de la ligne de commande et vous donne une interface graphique moderne dans laquelle travailler. Faire fonctionner X convenablement, cependant, demande une configuration appropriée permettant d'adapter votre carte vidéo à votre moniteur.

Ces jours-ci la configuration de X est une tâche grandement simplifiée. En effet, si vous avez une carte graphique connue par Linux, et un moniteur bien documenté, alors l'outil de configuration de Debian, anXious, devrait être capable de vous guider sans problème à travers le processus :

Avec un moniteur 17 pouces ou plus et une carte vidéo récente, vous devriez être capable d'obtenir une très haute résolution (peut-être 1600 x 1200 pixels) et une vraie profondeur de couleur (32 bits par pixel, ou bpp). Ne soyez pas déçu, cependant, si vous n'arrivez pas au début à optimiser votre système jusqu'à ce niveau de performance. Vous aurez suffisamment d'espace écran utilisable et un écran couleur de grande qualité si vous arrivez à obtenir 1024 x 768 pixels et 16 bpp.

La configuration de X est un sujet subtil et complexe, qui mérite à lui tout seul un article. Nous écrirons un tel article bientôt. En attendant, nous vous guiderons à travers les différentes étapes à condition que vous sachiez quelle carte vidéo et quel moniteur vous avez, que vous connaissiez les paramètres de votre moniteur, et que tous les deux soient bien supportés sous Linux.

AnXious testera pour vous votre carte vidéo, et affichera ce qu'il aura trouvé. Il vous demandera ensuite d'installer des polices. Sauf si vous n'avez pas beaucoup d'espace disque, installez à la fois les polices 75 dpi et 100 dpi. On vous demandera de choisir un émulateur de terminal. Le choix par défaut d'xterm devrait convenir, et en fait vous n'aurez pas besoin de programme de terminal pour le reste de cette installation.

En soit, X ne fait pas grand chose d'autre que fournir la possibilité d'afficher des images à l'écran. Le véritable affichage des fenêtres, menus et icônes, et la gestion de ces objets graphiques, sont faits par un programme appelé un gestionnaire de fenêtre (window manager). Un choix simple mais populaire est Window Maker, proposé dans le script d'installation par wmaker. Nous supposerons que vous avez fait ce choix plus tard dans cet article.

Beaucoup d'utilisateurs de Linux démarrent leur système directement sur l'interface en ligne de commande, et utilisent X seulement au besoin. C'est peut-être un peu choquant pour des utilisateurs de Windows habitués à un environnement graphique en permanence. C'est pourquoi nous recommandons que vous installiez xdm, le gestionnaire d'affichage X (X Display Manager), qui lancera automatiquement X pour vous et vous amènera à une interface graphique permettant de vous loguer lorsque vous démarrerez le système.

On vous demandera ensuite de choisir le type de souris. Le type le plus commun de nos jours est PS/2, et sauf si vous savez que ce n'est pas le bon, c'est ce que vous devriez entrer. Si votre souris n'a que deux boutons, vous pouvez sélectionner l'option d'émulation des trois boutons. L'effet du clique sur un troisième bouton sera émulé par l'appui sur les deux boutons en même temps.

Si vous avez choisi une souris PS/2, alors le périphérique (device) Linux à choisir pour celle-ci sera /dev/psaux. Vous devriez entrer ces informations lorsqu'elles vous seront demandées.

Vous avez probablement un clavier français standard et c'est donc ce que vous devriez choisir.

On vous demandera ensuite des informations concernant votre moniteur et votre carte vidéo. Vérifiez bien que vous avez la documentation qui les concerne à portée de main, et utilisez-la pour vos réponses. Pour les intervalles de synchronisation verticaux et horizontaux, choisissez l'intervalle qui s'approche le plus de celui de vos spécifications, ou choisissez custom (personnaliser) et entrez l'intervalle exact de la documentation de votre moniteur. Entrez la quantité de mémoire appropriée pour votre carte. Il est peu probable que vous ayez besoin de configurer l'horloge de la puce (clockchip setting) sur les cartes vidéo actuelles, donc entrez none (aucune) lorsqu'on vous le demande, et à la demande suivante ne testez pas la configuration de l'horloge.

Vous devriez essayer de mettre la profondeur des couleurs à 32 bpp, car c'est ce qui vous donnera des images en vraie couleur (true color) (pour utiliser le terme employé par Windows). Vous choisirez une résolution par défaut d'au moins 1024x768 ainsi probablement qu'une résolution plus haute. Notez que si votre ordinateur ne peut pas supporter la profondeur de couleur et la résolution que vous avez choisies, il choisira pour vous la plus haute des résolutions qu'il pourra trouver. Donc un peu de devinette ici ne fera aucun mal. Vérifiez seulement que 1024x768, 800x600 et 640x480 sont sélectionnées comme résolutions supportées (supported resolutions).

On vous demandera ensuite de créer un fichier de configuration X. Si tout s'est bien passé, X devrait être correctement configuré et prêt à être installé à ce moment-là, avec Window Maker comme votre gestionnaire de fenêtre par défaut.

À ce moment-là, le script d'installation aura toutes les informations qu'il lui faudra pour commencer à construire votre système. Il y a quelques questions de configuration spécifiques à certains paquets qui vous seront posées, mais ensuite votre ordinateur commencera à mouliner pendant l'installation des paquets :

Ce processus prendra entre 10 minutes et une heure ou plus, en fonction de la vitesse de votre processeur, de la quantité de RAM et de la disponibilité d'espace de swap. Une machine récente de type Pentium avec au moins 64 mégaoctets de RAM devrait être capable de mener à bien cette étape en moins d'une demi-heure.

On vous demandera de répondre à quelques questions au passage et la seule série de questions qui demandent autre chose que la réponse par défaut est la configuration de la messagerie. Debian utilise un programme appelé Exim comme son gestionnaire de courrier électronique par défaut. Pour comprendre la signification de ces questions, vous devrez comprendre un peu comment marche le courrier électronique.

Le courrier électronique demande plusieurs fonctionnalités séparées : il doit être transféré depuis le système d'origine jusqu'au système de destination ; il doit être distribué sur le système de destination au bon utilisateur ; et il doit être vu par un client de messagerie. Certains programmes réalisent plusieurs de ces fonctionnalités. Netscape, par exemple, peut non seulement être un client de messagerie, mais il peut aussi être utilisé pour récupérer le courrier depuis un serveur. Ce qui signifie qu'il peut faire une partie du travail de transfert et de distribution. Linux dispose de plusieurs programmes, comme Fetchmail et Popclient, qui peuvent aussi être utilisés pour récupérer le courrier, ainsi que de nombreux clients de messagerie, comme Elm, Pine et Mutt. La plupart des clients (Pine est l'exception) doivent connaître, lors de l'envoi d'un message, le serveur de messagerie auquel ils passent le relais pour le transfert du message. Typiquement votre fournisseur d'accès à Internet dispose d'un tel serveur et vous fournit l'information permettant de l'utiliser quand vous vous enregistrez pour avoir un compte RTC.

Exim est un agent de transfert de courrier (mail transfer agent). Il sait comment transférer le courrier sortant à un autre serveur de messagerie et comment en retirer le courrier entrant. Il sait aussi comment distribuer le courrier aux utilisateurs d'un système. Bien qu'Exim ne soit pas strictement nécessaire sur une machine Debian connectée à Internet par une connexion RTC, il fournit cependant une sauvegarde utile en cas de déficience du fournisseur d'accès, et il est utile lorsque d'autres programmes que vous installez supposent que vous avez installé un agent de transfert de courrier qui fonctionne. Donc mettre en place Exim n'est absolument pas requis, mais c'est une très bonne idée.

On vous proposera cinq choix généraux de configuration d'Exim. Notez que l'option 2 dit quelque chose comme ceci est probablement ce que vous voulez pour une machine avec une connexion RTC. Choisissez cette option.

Pour votre adresse officielle, d'autres adresses, le relais, le support IPv6 et le support de RBL vous pouvez simplement accepter les choix par défaut.

On vous demandera un hôte intelligent (smart host). C'est le serveur de courrier de votre fournisseur d'accès. Si votre fournisseur d'accès est truc, ça sera probablement quelque chose comme smtp.truc.com ou mail.truc.com.

Pour le courrier du postmaster entrez none. Ceci n'est pas un choix idéal, mais tant que vous n'êtes pas plus familier avec Debian cela vous évitera d'avoir votre boîte aux lettres remplie avec d'obscurs messages systèmes.

On vous demandera de confirmer les choix que vous avez faits. C'est tout. Le reste de l'installation des paquets devrait se poursuivre sans problème jusqu'à ce que l'on vous pose des questions sur les serveurs X. Dites non (no) au serveur vga par défaut et oui (yes) au serveur svga par défaut.

Quand vous voyez le message Appuyez sur entrée pour continuer (Press enter to continue) vous avez terminé l'installation.

Configurer le système

Que faire ensuite ?

Relaxez-vous. Vous avez terminé votre installation de Debian. Vous avez une version complètement fonctionnelle de Debian GNU/Linux sur votre ordinateur. Bien sûr il reste un peu de configuration à faire pour que le système fasse ce que vous en attendez. En particulier, nous supposons que c'est une machine en dual boot qui sera connectée à Internet par une liaison RTC. Donc nous aurons besoin de configurer le processus de démarrage pour qu'il reconnaisse Windows et vous propose de choisir des options au démarrage. Et nous aurons besoin de mettre en place et de configurer un programme de connexion RTC pour que vous puissiez vous connecter à votre fournisseur d'accès. Cela nous donnera une idée de la façon dont l'installation des paquets et les mises à jour fonctionnent.

Ce que l'on vous présentera sera une interface pour vous connecter. Normalement vous vous connecterez en tant qu'utilisateur normal pour faire des tâches de routine. Maintenant, cependant, nous voulons faire de la maintenance système, donc vous devriez vous connecter avec le nom d'utilisateur root et le mot de passe de superutilisateur que vous avez choisi pendant l'installation.

La configuration système dans Linux se fait dans des fichiers en texte brut. La plupart de ces fichiers résident dans le répertoire /etc. Bidouiller la configuration consiste à éditer ces fichiers, ce qui veut dire que vous allez devoir vous familiariser avec un éditeur de texte. Pour les utilisateurs de Linux expérimentés, cela signifie habituellement configurer l'un des vénérables programmes d'édition bourrin, emacs ou vi. Les utilisateurs Linux expérimentés se sentent aussi à l'aise en utilisant un programme de terminal et en travaillant en ligne de commande. Un programme de terminal, comme xterm, eterm, ou gnome-terminal, ouvre une fenêtre sur une interface en ligne de commande à l'intérieur d'un environnement graphique X. Pensez-y comme à l'ouverture d'une fenêtre DOS dans Windows.

Les débutants, cependant, peuvent vouloir quelque chose de plus simple. En fait pour pouvoir accomplir toutes les tâches de base de la gestion du système, il est probable que vous n'ayez besoin d'avoir affaire qu'à trois outils au look très familier : GMC, Gnome-run, et Gnotepad.

La plupart des utilisateurs de Windows sont familiers avec les éditeurs graphiques où l'on pointe et où l'on clique, et Linux a de tels outils lui aussi. Si vous avez suivi toutes les étapes d'installation jusqu'ici, l'éditeur Gnotepad devrait être installé ; il vous présentera une interface très similaire au Wordpad Windows ou au Notepad.

La plupart des utilisateurs de Windows ont aussi l'habitude de la la boîte exécuter du menu Windows Démarrer. Elle ouvre une boîte de dialogue qui vous laisse lancer une unique commande Windows. Gnome-run fournit cette même fonctionnalité sous X.

Enfin, la plupart des utilisateurs de Windows sont habitués à Windows Explorer comme programme avec une interface graphique pour naviguer parmi les fichiers. GMC fournit un gestionnaire de fichier sous X ayant ce même style d'interface.

Il est possible d'accéder à certains programmes disponibles sous X depuis un menu, comme sous Windows. Cependant, au lieu d'attacher ce menu à un bouton Démarrer vous y accéderez en pointant la souris sur le bureau et en cliquant une fois avec le bouton droit.

Sous Apps -> Tools vous trouverez GMC. Sous XShells vous trouverez gnome-run. Une fois que GMC est lancé, vous pouvez éditer un fichier en plaçant la souris sur l'icône de ce fichier, puis en cliquant une fois sur le bouton droit de la souris, en sélectionnant open with dans le menu qui s'est créé, et enfin en sélectionnant gnotepad dans la liste des applications.

Pour configurer votre système en dual boot, lancez GMC. Sélectionnez le répertoire appelé etc et trouvez l'icône d'un fichier nommé lilo.conf dans la fenêtre de la partie droite de GMC :

Cliquez avec le bouton droit sur cet icône, et choisissez copier dans ce menu. Cela devrait faire apparaître une boîte de dialogue contenant /etc. Tapez à la suite de cela pour obtenir /etc/lilo.old, et cliquez sur OK.

Vous venez de faire une copie de secours de lilo.conf, le fichier de configuration que LILO utilise pour déterminer comment démarrer votre système. C'est une étape importante. Nous sommes maintenant sur le point de modifier le fichier, et si quelque chose devait mal se passer, vous pouvez remettre en place l'ancienne version originale à partir du fichier sauvegardé.

Maintenant, une fois encore, trouvez l'icône de lilo.conf et cliquez avec le bouton droit dessus. Cette fois choisissez ouvrir avec et sélectionnez Gnotepad dans la liste des applications. Cela fera apparaître lilo.conf dans Gnotepad afin de pouvoir l'éditer :

Ce que nous devons faire est en fait assez simple. Nous devons indiquer à LILO de nous demander de choisir le système d'exploitation, et nous devons ajouter le choix correspondant à Windows parmi les systèmes que LILO pourra démarrer. Nous accomplirons la première partie de cela en ajoutant une ligne qui indique simplement prompt en haut du fichier lilo.conf.

Vous noterez qu'une ligne indique default=linux. Cela signifie que la séquence de démarrage de Linux a été appelée Linux et qu'elle est le choix par défaut si rien n'est fait lorsque LILO démarre. Nous devons donner une étiquette à une alternative pour Windows et indiquer à LILO où trouver Windows sur notre disque dur. Nous pouvons faire cela en deux lignes. En supposant que vous avez un disque dur IDE, les deux lignes seraient :

other=/dev/hda1
   label=win

Cette configuration signifie que quand LILO initie le processus de démarrage il vous invitera à effectuer un choix en affichant LILO:. Il attendra ensuite que vous tapiez soit linux soit win puis démarrera Linux ou Windows en fonction de votre choix.

Une fois que vous avez fait ces ajouts dans lilo.conf vous devriez sauvegarder les modifications et quitter Gnotepad. Vous avez maintenant une autre étape vitale à franchir.

Modifier lilo.conf c'est très bien, mais vous devez aussi indiquer à LILO que son fichier de configuration a changé. Vous pouvez faire cela en ouvrant gnome-run et en tapant lilo dans la boîte de dialogue, et ensuite en sélectionnant run. Vous devez en effet lancez lilo pour mettre à jour les changements à chaque fois que vous modifier lilo.conf, sauf si vous avez déjà le désir pervers de connaître les disquettes de démarrage Linux :

Vous avez maintenant un système en dual boot configuré.

Un bref coup d'œil à la mise à jour d'une Debian

Linux offre un grand choix de programmes de connexion par RTC. L'un des plus robustes et faciles à utiliser est un programme appelé wvdial. Si vous avez suivi toutes les étapes jusqu'à maintenant, wvdial n'est pas encore installé sur votre système. Il ne vous reste plus que quelques étapes avant qu'il soit installé et configuré, et avant que vous ayez un système Debian prêt pour Internet.

Mettez votre CD Debian dans le lecteur de CD. Ensuite ouvrez gnome-run et entrez apt-get install wvdial. Ouvrez gnome-run encore et entrez wvdialconf. Vous venez d'installer wvdial et de créer un fichier de configuration basique.

Il vous faut modifier le fichier de configuration de base. Dans GMC, trouvez le fichier /etc/wvdial.conf. Ouvrez ce fichier avec Gnotepad. Vous verrez qu'il a des lignes pour le numéro de téléphone, le nom d'utilisateur et le mot de passe. Vous devrez y entrer le numéro de votre fournisseur d'accès, le nom d'utilisateur que votre fournisseur vous a assigné et le mot de passe que votre fournisseur vous a assigné. Ensuite enregistrez le fichier et quittez.

Vous devez maintenant être capable de vous connecter à votre fournisseur d'accès en ouvrant simplement gnome-run et en tapant wvdial.

Votre système Debian est actuellement configuré pour reconnaître le CD Debian comme sa source d'installation et de mise à jour. Pour l'instant, comme vous apprenez à connaître Debian, c'est probablement bien. Si vous découvrez un nouveau paquet que vous voulez installer, mettez juste le CD dans le lecteur et lancez apt-get install suivi du nom du paquet.

A un moment, cependant, vous voudrez commencer à le mettre à jour avec des versions plus récentes que celles que les CD fournissent. Cela signifie récupérer des mises à jour à partir du site web Debian. Tout d'abord, vous devez apprendre à apt à reconnaître le site web Debian comme sa source.

Dans GMC, cherchez le fichier /etc/apt/sources.list et ouvrez le avec Gnotepad. Vous noterez un certain nombre de lignes de ce fichier qui commencent par #. C'est un symbole conventionnel dans Linux pour indiquer un commentaire, en d'autres mots un texte lisible par un humain mais ignoré par la machine. Si vous habitez dans les U.S., vous devriez enlever le # du début de cette ligne :

#deb http://http.us.debian.org/debian stable main contrib non-free

Si vous habitez en dehors des États-Unis, vous devriez enlever le # du début de cette ligne :

#deb http://non-us.debian.org/debian-non-US stable/non-US main contrib non-free

Dans tous les cas vous pouvez maintenant ajouter # au début de la ligne qui commence par deb cdrom.

Maintenant pour installer les paquets, vous aurez besoin d'être connecté à Internet. À part cela, cette procédure est la même : lancez apt-get install [paquet].

Pour mettre à jour des paquets, il ne vous faudra que quelques commandes. Périodiquement, vous lancerez la commande apt-get update. Cela mettra à jour la base de données de votre système en enregistrant les versions courantes des paquets. Vous pourrez ensuite mettre à jour un paquet lorsque vous serez connecté à Internet en lançant simplement apt-get upgrade [paquet].

Félicitations. Vous venez d'entrer avec succès dans la communauté des utilisateurs de Debian. C'est un monde riche et complexe, mais il a beaucoup à offrir et vous avez maintenant les outils pour l'explorer par vos propres moyens.


A propos de l'auteur : Mark Stone est le directeur des services aux développeurs d'OSDN, le réseau de développement à sources ouvertes (Open Source Development Network). Il est un utilisateur autoproclamé de Red Hat, mais il commence à penser que Debian pourrait satisfaire au mieux ses standards sur la facilité d'utilisation.

Cet article est mis à disposition sous les termes de la licence de publication ouverte (Open Publication License). Vous êtes encouragé à le commenter et à rendre vos commentaires disponibles pour de futures versions de cet article. Comme les logiciels, les documents servent au mieux la communauté lorsqu'ils sont ouverts et vivants.

Version: Thu, 19 Oct 2000 09:32:57am

Merci à Mark Stone pour nous avoir laissé publier cet article sur notre site web. L'article original peut être trouvé sur Linux.com.