Chapitre 5. Configuration du réseau

Table des matières

5.1. L’infrastructure de base du réseau
5.1.1. Résolution du nom d’hôte
5.1.2. Nom de l’interface réseau
5.1.3. Plage d’adresses réseau du réseau local (« LAN »)
5.1.4. La gestion du périphérique réseau
5.2. Configuration moderne de réseau pour ordinateur de bureau
5.2.1. Outils graphiques de configuration du réseau
5.3. The modern network configuration without GUI
5.4. Configuration réseau de bas niveau
5.4.1. Commandes Iproute2
5.4.2. Opérations sûres de bas niveau sur le réseau
5.5. Optimisation du réseau
5.5.1. Rechercher le MTU optimum
5.5.2. Optimisation de TCP sur le réseau Internet
5.6. Infrastructure de netfilter
[Astuce] Astuce

Pour un guide actualisé de la gestion réseau sous Debian, lire le Guide de l’administrateur Debian - configurer le réseau (« The Debian Administrator's Handbook — Configuring the Network »).

[Astuce] Astuce

Sous systemd, networkd peut être utilisé pour gérer les réseaux. Consultez systemd-networkd(8).

Passons en revue l’infrastructure de base du réseau sur un système Debian moderne.

Tableau 5.1. Liste des outils de configuration du réseau

paquets popcon taille type description
network-manager V:360, I:426 15210 config::NM NetworkManager (démon) : gère automatiquement le réseau
network-manager-gnome V:124, I:357 5351 config::NM NetworkManager (frontal de GNOME)
ifupdown V:612, I:989 217 config::ifupdown outil standard pour activer ou désactiver le réseau (spécifique à Debian)
isc-dhcp-client V:222, I:980 686 config::low-level client DHCP
pppoeconf V:0, I:8 192 config::helper assistant de configuration d’une connexion PPPoE
wpasupplicant V:335, I:491 3439 , , client prenant en charge WPA et WPA2 (IEEE 802.11i)
wpagui V:0, I:2 780 , , client graphique (Qt) pour wpa_supplicant
wireless-tools V:180, I:239 297 , , outils pour manipuler les « Extensions Linux sans fil » (Linux Wireless Extensions)
iw V:320, I:467 293 , , tool for configuring Linux wireless devices
iproute2 V:695, I:937 2867 config::iproute2 iproute2, IPv6 et autres configurations avancées du réseau : ip(8), tc(8), etc
iptables V:314, I:990 2521 config::Netfilter outils d’administration pour le filtrage des paquets et NAT (Netfilter)
iputils-ping V:224, I:997 113 test tester l’accessibilité d’une machine distante par nom de machine ou adresse IP (iproute2)
iputils-arping V:7, I:98 55 test tester l’accessibilité réseau d’une machine distante spécifiée par une adresse ARP
iputils-tracepath V:4, I:53 72 test tracer le chemin du réseau vers une machine distante
ethtool V:103, I:266 597 test afficher ou modifier les paramètres d’un périphérique Ethernet
mtr-tiny V:6, I:55 161 test::low-level tracer le chemin réseau vers une machine distante (curses)
mtr V:4, I:46 214 , , tracer le chemin réseau vers une machine distante (curses et GTK)
gnome-nettool V:1, I:38 2105 , , outils pour des opérations d’informations habituelles sur le réseau (GNOME)
nmap V:27, I:246 4509 , , cartographie réseau / balayage de ports (Nmap, console)
zenmap V:1, I:8 2939 , , cartographie réseau / balayage de ports (GTK)
tcpdump V:19, I:208 1329 , , analyseur de trafic réseau (Tcpdump, console)
wireshark I:54 65 , , analyseur de trafic réseau (Wireshark, GTK)
tshark V:3, I:33 408 , , analyseur de trafic réseau (console)
tcptrace V:0, I:3 401 , , produit un résumé des connexions à partir d’une sortie de tcpdump
snort V:0, I:1 2206 , , système souple de détection d’intrusion par le réseau (Snort)
ntopng V:1, I:2 969 , , afficher l’utilisation du réseau dans le navigateur web
dnsutils V:59, I:490 261 , , clients réseau fournis par BIND : nslookup(8), nsupdate(8), dig(8)
dlint V:0, I:6 53 , , vérifier les zones d’information DNS en utilisant des requêtes du serveur de noms
dnstracer V:0, I:1 61 , , tracer une chaîne de serveurs DNS jusqu’à la source

La résolution du nom d’hôte est actuellement prise en charge aussi par le mécanisme NSS (Name Service Switch). Le flux de cette résolution est le suivant :

  1. Le fichier « /etc/nsswitch.conf » avec une entrée comme « hosts: files dns » donne l’ordre de la résolution du nom d’hôte (cela remplace l’ancienne fonctionnalité de l’entrée « order » dans « /etc/host.conf »).

  2. La méthode files est d’abord appelée. Si le nom d’hôte est trouvé dans le fichier « /etc/hosts », elle retourne toutes les adresses valables qui y correspondent et quitte. (Le fichier « /etc/host.conf » contient « multi on »).

  3. La méthode dns est appelée. Si le nom d’hôte est trouvé par une requête au Système de noms de domaine Internet (DNS) (« Internet Domain Name System ») identifié par le fichier « /etc/resolv.conf », elle retourne toutes les adresses valables correspondantes et quitte.

Par exemple, « /etc/hosts » ressemble à ce qui suit :

127.0.0.1 localhost
127.0.1.1 host_name

# The following lines are desirable for IPv6 capable hosts
::1     localhost ip6-localhost ip6-loopback
ff02::1 ip6-allnodes
ff02::2 ip6-allrouters

Chaque ligne commence par une adresse IP et est suivie du nom d’hôte associé.

L’adresse IP 127.0.1.1 en deuxième ligne de cet exemple pourrait ne pas être présente sur d’autres systèmes de type UNIX. L’installateur Debian ajoute cette entrée pour les systèmes sans adresse IP permanente en tant que contournement pour certains programmes (par exemple GNOME) comme expliqué dans le bogue nº 719621.

Le nom_hote correspond au nom d’hôte défini dans « /etc/hostname ».

Pour un système avec une adresse IP permanente, cette adresse IP devrait être utilisée à la place de 127.0.1.1.

Pour un système avec une adresse IP permanente et un nom de domaine complètement qualifié (FQDN) fourni par le système de noms de domaine (DNS), les nom_hote et nom_domaine canoniques devraient être utilisés ici, plutôt que le simple nom_hote.

« /etc/resolv.conf » est un fichier statique si le paquet resolvconf n’est pas installé. S’il est installé, c’est un lien symbolique. Dans tous les cas, il contient des informations qui initialisent les routines du résolveur. Si le DNS est trouvé à l’IP=« 192.168.11.1 », il contient ce qui suit :

nameserver 192.168.11.1

Le paquet resolvconf fait de ce « /etc/resolv.conf » un lien symbolique et gère son contenu automatiquement par le script hook.

Pour une station de travail « compatible PC » sur un réseau local ad hoc typique, le nom d’hôte peut être résolu à l’aide du Multicast DNS (mDNS, Zeroconf) en plus des méthodes traditionnelles par fichiers et dns.

  • Sur les systèmes Debian, Avahi fournit un cadre pour le « Multicast DNS Service Discovery ».

  • Il est l’équivalent de Apple Bonjour/Apple Rendezvous.

  • Le greffon de la bibliothèque libnss-mdns fournit une résolution de nom d’hôte à l’aide de mDNS pour la fonction « GNU Name Service Switch (NSS) » de « GNU C Library (glibc) ».

  • Le fichier « /etc/nsswitch.conf  devrait contenir une section telle que « hosts: files mdns4_minimal [NOTFOUND=return] dns mdns4 ».

  • La résolution est appliquée aux noms d’hôtes se terminant avec le pseudo-top-level domain (TLD) « .local ».

  • L’adresse IPV4 de lien-local multicast mDNS « 224.0.0.251 » ou son équivalente pour l’IPV6 « FF02::FB  est utilisée pour faire une requête DNS sur les noms se terminant en « .local ».

La résolution du nom de machine par le protocole obsolète NETBios over TCP/IP utilisé par les systèmes Windows plus anciens peut être fournie en installant le paquet winbind. Le fichier « /etc/nsswitch.conf » devra avoir une entrée semblable à « hosts: files mdns4_minimal [NOTFOUND=return] dns mdns4 wins » afin d’activer cette fonctionnalité (les systèmes Windows récents utilisent normalement la méthode dns pour la résolution de nom d’hôte).

[Note] Note

L'expansion de nom de domaine de premier niveau générique « generic Top-Level Domains (gTLD) » dans le système de noms de domaine est en cours de réalisation. Soyez attentifs aux conflits de noms lors du choix d'un nom de domaine utilisé uniquement au sein d'un réseau local « LAN ».

Network interfaces are typically initialized in "networking.service" for the lo interface and "NetworkManager.service" for other interfaces on modern Debian desktop system under systemd.

Debian can manage the network connection via management daemon software such as NetworkManager (NM) (network-manager and associated packages).

  • Ils sont fournis avec leur propre interface utilisateur graphique (GUI) et en ligne de commandes.

  • Ils ont leur propre démon en tant que sytème dorsal.

  • Ils permettent une connexion facile de votre système à Internet.

  • Ils permettent une gestion facile de la configuration du réseau filaire ou sans fil.

  • Ils nous permettent de configurer le réseau indépendamment de l’ancien paquet « ifupdown »

[Note] Note

Ne pas utiliser ces outils de configuration automatique du réseau sur un serveur. Ils ont été prévus principalement pour les utilisateurs de système de bureau tournant sur des ordinateurs portables.

Ces outils modernes de configuration du réseau doivent être configurés correctement afin d’éviter des conflits avec l’ancien paquet ifupdown et son fichier de configuration « /etc/network/interfaces ».

Official documentations for NM on Debian are provided in "/usr/share/doc/network-manager/README.Debian".

Essentiellement, la configuration réseau pour un ordinateur de bureau est faite de la manière suivante :

  1. Rendez l’utilisateur du bureau, par exemple toto, membre du groupe « netdev » à l’aide de la commande suivante (vous pouvez aussi le faire automatiquement à l’aide de D-bus sous les environnements de bureau modernes comme GNOME et KDE) :

    $ sudo adduser foo netdev
  2. Gardez la configuration de « /etc/network/interfaces » aussi simple que possible comme ce qui suit :

    auto lo
    iface lo inet loopback
  3. Restart NM by the following.

    $ sudo systemctl restart network-manager
  4. Configurez votre réseau à l’aide d’une interface graphique.

[Note] Note

Only interfaces which are not listed in "/etc/network/interfaces" are managed by NM to avoid conflict with ifupdown.

[Astuce] Astuce

If you wish to extend network configuration capabilities of NM, please seek appropriate plug-in modules and supplemental packages such as network-manager-openconnect, network-manager-openvpn-gnome, network-manager-pptp-gnome, mobile-broadband-provider-info, gnome-bluetooth, etc.

Sous systemd, le réseau peut aussi être configuré dans /etc/systemd/network/. Voir : systemd-resolved(8), resolved.conf(5), et systemd-networkd(8).

This allows the modern network configuration without GUI.

A DHCP client configuration can be set up by creating "/etc/systemd/network/dhcp.network". E.g.:

[Match]
Name=en*

[Network]
DHCP=yes

A static network configuration can be set up by creating "/etc/systemd/network/static.network". E.g.:

[Match]
Name=en*

[Network]
Address=192.168.0.15/24
Gateway=192.168.0.1

For the low level network configuration on Linux, use the iproute2 programs (ip(8), …) .

Vous pouvez utiliser de manière sûre les commandes de réseau de bas niveau de la manière suivante car elles ne modifient pas la configuration du réseau :


[Astuce] Astuce

Certains de ces outils de configuration du réseau se trouvent dans « /sbin/ ». Il vous faudra peut-être utiliser le chemin complet vers la commande comme « /sbin/ifconfig » ou ajouter « /sbin » à la liste « $PATH » dans votre fichier « ~/.bashrc »

L’optimisation générique du réseau est en dehors des buts de cette documentation. Je ne parle que des sujets pertinents pour une connexion de l’utilisateur grand public.


La valeur du Maximum Transmission Unit (MTU) (Unité de transmission maximum) peut être déterminée expérimentalement par ping(8) avec l’option « -M do » qui envoie des paquets ICMP dont la taille commence par 1500 (avec un décalage de 28 octets pour l’en-tête IP+ICMP) et recherche la taille la plus grande sans fragmentation d’IP.

Essayez, par exemple, ce qui suit :

$ ping -c 1 -s $((1500-28)) -M do www.debian.org
PING www.debian.org (194.109.137.218) 1472(1500) bytes of data.
From 192.168.11.2 icmp_seq=1 Frag needed and DF set (mtu = 1454)

--- www.debian.org ping statistics ---
0 packets transmitted, 0 received, +1 errors

Try MTU=1454 instead of MTU=1500

You see ping(8) succeed with MTU=1454.

If MTU is not 1500, you may want to configure MTU settings in NM.

Ce processus est la découverte du chemin MTU (PMTU) (RFC1191) et la commande tracepath(8) peut l’automatiser.

[Astuce] Astuce

L’exemple ci-dessus avec une valeur de PMTU de 1454 correspond à mon fournisseur FTTP précédent qui utilisait Asynchronous Transfer Mode (ATM) comme réseau fédérateur (« backbone ») et servait ses clients avec PPPoE. La valeur réelle de PMTU dépend de votre environnement, par exemple, 1500 avec mon nouveau fournisseur FTTP.


En plus de ces lignes directrices, vous devriez savoir ce qui suit :

  • Toute utilisation d’une méthode de tunneling (VPN, etc.) peut réduire le MTU optimal en raison de la surcharge qu’elle engendre.

  • La valeur de MTU ne doit pas excéder la valeur expérimentale déterminée de PMTU .

  • La valeur de MTU la plus élevée est généralement meilleure lors que les autres limitations sont remplies.

La taille maximum de segment (MSS : « maximum segment size ») est utilisée comme mesure de remplacement de la taille des paquets. La relation entre MSS et MTU est la suivante :

  • MSS = MTU - 40 pour IPv4

  • MSS = MTU - 60 pour IPv6

[Note] Note

Les optimisations basées sur iptables(8) (consultez Section 5.6, « Infrastructure de netfilter ») peuvent limiter la taille des paquets au MSS, ce qui est utile pour le routeur. Consultez "TCPMSS" dans iptables(8).

Le débit de TCP peut être maximisé en ajustant les paramètres de taille de tampon TCP comme cela est décrit dans « Guide de réglage de TCP » (« TCP Tuning Guide ») et « réglage de TCP » (« TCP tuning ») pour les réseaux WAN modernes de haut débit et de faible latence. À ce jour, les paramètres par défaut de Debian fonctionnent bien même lorsque mon réseau local est connecté par l’intermédiaire d’un service rapide sur fibre optique (FTTP) à 1Gb/s.

Netfilter fournit l’infrastructure pour un pare-feu dynamique (« stateful firewall ») et la traduction d’adresses réseau (NAT) (« network address translation ») avec des modules du noyau de Linux (consultez Section 3.8.1, « Initialisation des modules du noyau »).


L’outil netfilter principal de l’espace utilisateur est iptables(8). Vous pouvez configurer vous-même netfilter de manière interactive depuis l’interpréteur de commandes, enregistrer son état avec iptables-save(8) et le restaurer par l’intermédiaire d’un script d’init avec iptables-restore(8) lors du redémarrage du système.

Des scripts d’assistant tels que shorewall facilitent ce processus.

Consultez les documentations se trouvant sur http://www.netfilter.org/documentation/ (ou dans « /usr/share/doc/iptables/html/ »).

[Astuce] Astuce

Bien qu’elles aient été écrites pour Linux 2.4, la commande iptables(8) et la fonction netfilter du noyau s’appliquent toutes deux aux séries 2.6 et 3.x du noyau Linux.