Programme de chef du projet Debian de Steve McIntyre, 2009

Introduction

Je suis développeur Debian depuis octobre 1996. J'ai rejoint le projet à l'origine pour maintenir la version Debian de mikmod. J'étais alors le développeur amont et je souhaitais que la version Debian marche bien aussi. À cette époque la procédure de nouveau mainteneur était plus simple qu'aujourd'hui : j'ai installé Debian, puis, deux jours après, j'envoyais un courriel à Bruce Perens avec une clef PGP et lui demandais une accréditation. Il m'a répondu immédiatement avec tous les détails pour ouvrir le compte — j'étais admis !

À partir de ce moment-là, j'ai travaillé sur un grand éventail de paquets, certains lourds et d'autres moins. C'est au sein de l'équipe debian-cd que j'ai réalisé le travail technique probablement le plus notable pour Debian : j'y ai développé le logiciel debian-cd lui-même, puis j'ai utilisé le même logiciel pour créer les CD, DVD et disques Blu-ray officiels qui accompagnent chaque version de Debian. J'ai été impliqué dans la création de CD de toutes les versions majeures et intermédiaires depuis Hamm.

J'héberge deux de nos serveurs d'empaquetage (buildd) (ball et toffee) et contribue à deux autres (cats et grieg) par un travail d'administrateur local. J'entretiens aussi mon propre petit parc de machines couvrant la majorité des architectures. Cela m'aide à déboguer les problèmes sur mes paquets, et j'ouvre aussi des comptes à d'autres développeurs Debian quand c'est utile.

Candidature à la réélection

Je suis le chef du projet Debian actuel et cette année, je me présente pour ma réélection. Je crois que, l'année dernière, j'ai fait un travail sérieux pour le projet, me concentrant sur trois thèmes majeurs :

J'ai rempli bien d'autres tâches, plus que je ne peux réellement en rendre compte ici. J'ai fait une présentation au FOSDEM le mois dernier sur tout cela si vous êtes intéressé par plus de détails, et l'équipe vidéo en a fait aussi un enregistrement vidéo.

Je me présente avec un assistant — Luk Claes

Une des choses que j'ai apprises l'an dernier est que le travail de chef du projet Debian est vraiment très lourd. Faire le boulot efficacement prend beaucoup de temps : à mon avis plus que celui dont une personne seule dispose à moins d'être étudiant ou d'avoir un employeur très accommodant. Pour cette raison, je n'ai pas réussi à atteindre autant d'objectifs que je l'espérais l'an dernier, aussi je modifie un peu mon programme. J'ai demandé à Luk Claes de se joindre à moi comme assistant du chef du projet Debian cette année si je suis élu, et il a accepté mon invitation.

Luk a commencé à contribuer à Debian en 2003 et est devenu DD en 2005. Il a bientôt rejoint l'équipe de publication pour contribuer à la préparation de la publication d'Etch, et ensuite, il a continué appartenir à cette équipe. Il était un des deux responsables de publication pour Lenny et poursuit le travail pour Squeeze. En plus de travailler sur la publication, il a aussi rejoint récemment la nouvelle équipe d'infrastructure de buildd. En plus de ses autres engagements variés relatifs à Debian, il est membre élu du bureau de Software in the Public Interest, notre principale couverture juridique et financière.

Objectifs

L'essentiel de ce programme vous sera familier, car il est largement basé sur ce que j'ai dit les années précédentes à la même époque. La plupart des choses sur lesquelles je souhaite travailler dans Debian n'ont pas changé depuis : ce sont des problèmes bien connus, des questions qui nous touchent depuis longtemps. Les deux principales que je vois sont :

La communication à l'intérieur du projet

C'est un cauchemar permanent ; aussi loin que je m'en souvienne, les candidats au poste de chef du projet ont toujours promis de travailler à l'amélioration de la communication au sein du projet. Il y a plusieurs domaines où la communication a été problématique dans le passé. Je crois que j'ai déjà contribué à cela dans le passé, mais il y a encore plus à faire.

Je suis convaincu que plus nous parlons de ce que nous faisons, plus d'autres seront motivés pour nous aider sur ces tâches. Un projet vivant, ouvert, sympathique dépend de l'apport régulier de sang neuf voulant travailler avec nous. Faisons en sorte que cela soit plus facile !

Travailler efficacement ; demander de l'aide

Dans le prolongement du point précédent : un autre volet des tâches du développeur Debian est de travailler efficacement, à la fois sur ses propres paquets et sur le projet considéré comme un ensemble. Cela comprend des choses simples comme de gérer les bogues de ses paquets en temps opportun, mais aussi des choses plus importantes comme penser aux conséquences des modifications sur le calendrier des publications. Travailler efficacement ce n'est pas seulement important pour sa propre satisfaction ; cela a aussi un impact majeur sur le temps qu'il nous faut pour publier une nouvelle version et sur le ressenti des utilisateurs de Debian.

À mon avis, un élément clé pour un travail efficace est l'honnêteté. On peut tous manquer de temps pour remplir les tâches que nous avons promis d'accomplir. Après tout, la vraie vie a la fâcheuse habitude d'empiéter sur ce que nous appelons notre temps « libre ». Tant qu'on ne laisse pas les choses prendre trop de retard, on peut faire face et continuer à contribuer. Mais à un certain moment, il faut être honnête avec soi-même et accepter l'idée qu'on ne peut pas continuer faire le travail sur lequel on s'était engagé. C'est une chose difficile à faire, mais dans une communauté conviviale où tout le monde travaille avec les mêmes objectifs, il ne devrait pas y avoir de honte à demander de l'aide.

De manière plus générale, des procédures existent pour que les développeurs Debian quittent temporairement le projet si la vie réelle les submerge, puis le rejoignent quand leur situation évolue. Encore une fois, il n'y pas de honte à le faire – nous devrions juste nous réjouir de reconnaître toutes les contributions que les gens ont données au logiciel libre quand ils le pouvaient. Mais, pourtant, beaucoup de gens ne suivent pas cette voie, mais plutôt sont juste « portés disparus ». Cela peut prendre du temps avant de retrouver des responsables Debian qui se sont simplement retirés du projet.

Comment corriger cela, ou « faire ce qu'il y a à faire »

Je veux voir des améliorations apportées là où on en a vraiment besoin. Il y a des cas où la communication est absente, ou bien où les gens et les équipes peuvent ne pas travailler aussi efficacement qu'ils le souhaiteraient ou qu'il le faudrait. Dans ces circonstances, je veux aider et encourager les personnes impliquées à apporter ces améliorations. Si ce n'est pas suffisant, on peut avoir besoin d'actions plus résolues.

Et ceci vaut pour tout le mode, aussi bien sur le plan individuel que pour le projet. C'est parfois trop facile de laisser les opposants systématiques nous freiner ou nous décourager de travailler sur les projets qui nous intéressent. Si des gens ne contribuent pas, il faut leur demander de le faire. Et s'ils ne veulent pas aider, il faut les ignorer et trouver d'autres volontaires. Gardons Debian telle qu'elle doit être – une grande communauté florissante de personnes ayant plaisir à travailler ensemble sur des objectifs communs.

Pourquoi voter pour moi ?

Je crois que je peux continuer à faire du bon travail comme chef du projet Debian grâce aux qualités suivantes :

Expérience

Je suis développeur Debian depuis plus de douze ans. J'ai fait beaucoup de travail d'empaquetage, j'ai vu Debian beaucoup évoluer pendant ce temps, et je me suis impliqué dans tout un tas de débats divers. En ayant travaillé comme chef du projet Debian cette année, cela signifie que je connais déjà ce que le travail de responsable du projet Debian entraîne, et je suis heureux de pouvoir faire ce travail. Je suis aussi bien conscient de l'importance de cette tâche, c'est pourquoi j'ai demandé à Luk de m'aider.

Organisation

Au-delà de l'empaquetage, j'ai fait pas mal de travail pour promouvoir Debian. J'ai organisé des stands Debian dans de nombreuses présentations et expositions ces dernières années. J'ai été un administrateur et un parrain pour Debian au sein du Google Summer of Code trois années de suite et j'espère pour une quatrième : croisons les doigts ! J'ai mené l'équipe de parrainage de Debconf plusieurs années, ce qui veut dire que je suis allé parler à toute sorte de sociétés et autres organismes pour promouvoir Debian et leur demander de nous soutenir publiquement. Toutes ces activités m'ont fait prendre conscience de ce que sont Debian et ses objectifs.

J'ai déjà une sérieuse expérience de la gestion de l'ingérable, y compris l'organisation des déplacements de groupes aux Debconf, FOSDEM et autres manifestations. Je suis le trésorier actuel de l'association Debian UK, et j'anime la liste de diffusion debian-uk.

Sociabilité

Je suis un programmeur, ce qui veut dire que j'ai des opinions tranchées sur plein de sujets (*grand sourire*). Malgré cela, je crois que je suis honnête, en général accessible et qu'il est facile de travailler avec moi. Je suis un bon communicant et un bon négociateur et, ces dernières années, je me suis fait beaucoup d'amis dans le projet Debian et, plus largement, dans la communauté du logiciel libre.

Résumé

J'ai abordé quelques problèmes ici qui, j'espère, ne sont pas inconnus pour la majorité d'entre nous. Je dois aussi reconnaître le fait que le chef du projet n'a pas généralement le pouvoir d'imposer simplement les changements qu'il ou elle juge bons. Le mieux que le chef du projet Debian puisse faire est de nous encourager à nous améliorer, parfois par la discussion et le débat et parfois en montrant l'exemple. Je ne prétends pas être parfait, mais je crois que je peux continuer à nous aider à atteindre certains des objectifs que j'ai listés ici.

Merci d'avoir pris le temps de lire mon programme, et j'espère que vous m'apporterez votre soutien pour atteindre mes objectifs.

Réfutation

Eh bien, cette année, il n'y a pas grand-chose à dire ici, vu qu'il n'y a qu'un seul autre candidat. Stefano est quelqu'un de sympathique et un bon développeur, et quand j'ai travaillé avec lui dans le passé, cela a été pour moi un plaisir. Il fait dans son programme beaucoup de propositions raisonnables et sensées et je l'en félicite.

J'ai seulement deux soucis. Je ne suis pas sûr qu'il aura le temps de faire tout ce qu'il projette : le temps passe toujours plus vite qu'on ne le prévoit. :-)

Stefano dit aussi qu'il nommera sans doute un « 2IC » (second in charge), c'est-à-dire un assistant du chef du projet, s'il est élu. Ce que je peux très bien comprendre, mais, personnellement, j'aurais préféré qu'il donne le nom de l'assistant qu'il propose avant l'élection. C'est exprès que je l'ai fait pour Luk, parce que je souhaite que les gens puisse voter en connaissance de cause plutôt que pour quelqu'un dont on ne connaît pas le nom.

Voilà, c'est tout. Bonne chance à Stefano pour l'élection et j'espère que le nouveau chef du projet Debian (que ce soit moi ou lui !) fera du bon boulot pour Debian.