Résolution générale : Pourquoi la Licence de Documentation Libre GNU ne convient pour les paquets de l'archive principale de Debian

Calendrier

Proposition et amendement dimanche 1er janvier 2006 jeudi 9 février 2006
Période de discussion vendredi 10 février 2006 samedi 25 février 2006 23:59:59 UTC
Période de vote dimanche 26 février 2006 00:00:01 UTC dimanche 12 mars 2006 00:00:01 UTC

Déposant

Anthony Towns [ajt@debian.org]

Parrains

  1. Manoj Srivastava [srivasta@debian.org]
  2. Russ Allbery [rra@debian.org]
  3. Steve Langasek [vorlon@debian.org]
  4. Kalle Kivimaa [killer@debian.org]
  5. Roger Leigh [rleigh@debian.org]

Texte

Choix 1. Le texte de la résolution générale est le suivant :

(0) Résumé

Au sein de la communauté Debian, il y a eu beaucoup d'interrogations à propos de la Licence de Documentation Libre GNU (« GNU Free Documentation License », GFDL), notamment pour se demander si c'était vraiment une licence libre. Ce document tente d'expliquer pourquoi la réponse de Debian à cette question est non.

Il doit être noté que cela n'implique aucune hostilité envers la Free Software Foundation, et que cela ne veut pas dire que la documentation sous GFDL ne peut pas être considérée comme suffisamment libre par d'autres groupes ou personnes. Le projet Debian lui-même continuera à distribuer de la documentation sous GFDL dans la section non-free.

(1) Qu'est-ce que la GFDL ?

La GFDL est une licence écrite par la Free Software Foundation qui l'utilise comme licence pour sa propre documentation et en fait la promotion. Elle est également utilisée comme licence du Wikipedia. Pour citer le préambule de la GFDL :

The purpose of this License is to make a manual, textbook, or other functional and useful document free in the sense of freedom: to assure everyone the effective freedom to copy and redistribute it, with or without modifying it, either commercially or noncommercially. Secondarily, this License preserves for the author and publisher a way to get credit for their work, while not being considered responsible for modifications made by others.

This License is a kind of copyleft, which means that derivative works of the document must themselves be free in the same sense. It complements the GNU General Public License, which is a copyleft license designed for free software.

dont voici une traduction possible :

Le but de cette Licence est de rendre tout manuel, livre ou document fonctionnel et utile libre dans le sens de la liberté : assurer à chacun la liberté effective de pouvoir le copier et le redistribuer en pouvant ou non le modifier, que ce soit commercialement ou non. En second lieu, cette Licence préserve pour l'auteur et l'éditeur le crédit de leur travail ; mais ils ne sont pas considérés comme responsables des modifications apportées par d'autres personnes.

Cette Licence est une sorte de copyleft, ce qui veut dire que les travaux dérivés du document doivent être eux-mêmes libres dans le même sens. Elle vient en complément de la Licence Publique Générale GNU qui est une licence de copyleft pour les logiciels libres.

(2) En quoi cette licence échoue-t-elle à répondre aux standards de Debian pour les logiciels libres ?

La GFDL entre en conflit avec beaucoup des exigences traditionnelles des logiciels libres. Certains conflits seront détaillés ci-dessous. En tant que licence copyleft, l'une des conséquences est qu'il n'est pas possible d'extraire une partie d'un document sous GFDL et de l'inclure directement dans un logiciel libre.

Les principaux conflits sont :

(2.1) Sections invariantes

Le conflit le plus délicat concerne la classe des sections invariantes qui, une fois incluses, ne peuvent plus être modifiées ou supprimées du document. Cependant, pouvoir modifier est une exigence fondamentale des DFSG qui établissent ceci :

3. Applications dérivées.

La licence doit permettre les modifications et les applications dérivées, et elle doit permettre à celles-ci d'être distribuées sous les mêmes termes que ceux de la licence du logiciel original.

Les sections invariantes créent des problèmes particuliers pour la réutilisation de petites portions du travail (car toute section invariante doit également être incluse, quelle que soit sa taille), et pour assurer que la documentation reste exacte et pertinente.

(2.2) Copies transparentes

Le deuxième conflit est lié aux nécessités de la GFDL pour des copies transparentes de la documentation (c'est-à-dire, une copie du document dans une forme convenable pour l'édition). En particulier, la section 3 de la GFDL impose qu'une copie transparente du document soit inclue avec toute copie opaque distribuée ou qu'une copie transparente soit disponible pendant un an après la fin de la distribution des copies opaques.

En ce qui concerne le logiciel libre, Debian considère qu'il est suffisant de simplement fournir le source (ou la copie transparente) en même temps que les travaux dérivés, mais cela ne remplit pas toutes les clauses de la GFDL.

(2.3) Gestion des droits numériques

Le troisième conflit avec la GFDL est issu des mesures dans la section 2 pour tenter de s'opposer aux technologies de gestion des droits numériques (« Digital Rights Management » ou DRM). En particulier, la GFDL établit que Vous ne pouvez pas utiliser de mesures techniques pour faire obstruction ou contrôler la lecture ou les copies futures des copies que vous faites ou distribuez. Cela restreint la liberté de trois façons : cela limite l'utilisation de la documentation ainsi que sa distribution, en couvrant toutes les copies réalisées, ainsi que toute copie distribuée ; cela interdit de distribuer des copies sur des médias protégés par DRM, même si cela est fait de façon à donner aux utilisateurs l'accès complet à une copie transparente du travail ; et, comme écrit, cela peut empêcher le chiffrage de la documentation ou même le stockage de celle-ci sur un système de fichiers qui gère des permissions.

(3) Pourquoi la documentation doit-elle être du logiciel libre ?

Il existe un certain nombre de différences évidentes entre les programmes et la documentation, ce qui incite souvent les gens à demander pourquoi ne pas simplement avoir des standards différents pour les deux ? Par exemple, les livres sont souvent écrits par des personnes seules, alors que les programmes sont écrits par des équipes, ainsi l'attribution correcte pour un livre peut être plus importante que celle pour un programme.

D'un autre côté, un logiciel libre est souvent écrit par une personne seule et la documentation d'un logiciel libre est souvent écrite par un large groupe de contributeurs. Et la ligne qui sépare ce qui est de la documentation et ce qui fait partie du programme n'est pas toujours très claire non plus, car le contenu de l'un est souvent nécessaire dans l'autre (pour fournir de l'aide en ligne, pour fournir des captures d'écran ou des didacticiels interactifs, pour fournir une explication plus détaillée en citant une partie du code source). De façon similaire, bien que tous les programmes ne puissent pas démontrer leur créativité ou ne puissent pas être considérés comme un travail d'art, certains le peuvent et tenter de déterminer si c'est le cas pour tous les logiciels dans Debian serait nous distraire de nos objectifs.

En pratique, alors, la documentation n'est simplement pas assez différente pour nécessiter des standards différents : nous désirons toujours fournir le code source de la même manière que pour les programmes, nous voulons toujours pouvoir modifier et réutiliser la documentation dans d'autres documentations et programmes de façon aussi pratique que possible, et nous voulons être capable de fournir à nos utilisateurs exactement la documentation qu'ils veulent sans matériel supplémentaire.

(4) Comment corriger ces problèmes ?

Que peuvent alors faire les auteurs de documentation ?

Une première étape facile est de ne pas inclure de section invariante optionnelle dans votre documentation car elles ne sont pas requises par la licence, mais sont simplement une option proposée aux auteurs.

Malheureusement, ce n'est pas suffisant car d'autres clauses de la GFDL rendent toute documentation sous GFDL non libre. En conséquence, d'autres licences devraient être étudiées ; le plus simple est probablement de choisir entre soit la Licence Publique Générale GNU (pour une licence copyleft) soit les licences BSD ou MIT (pour une licence non-copyleft).

Comme la plupart de la documentation sous GFDL est rendue disponible sous les termes de la Licence de Documentation Libre GNU, version 1.2 ou toute version ultérieure publiée par la Free Software Foundation, la Free Software Foundation est capable de remédier à ces problèmes en changeant la licence. Les problèmes discutés ci-dessus nécessitent des changements relativement mineurs à la GFDL — autoriser les sections invariantes à être supprimées, permettre que des copies transparentes soient rendues disponibles en même temps et modérer les restrictions sur les mesures techniques. Cependant, bien que des membres du projet Debian aient été en contact avec la FSF à propos de ces préoccupations pendant les quatre dernières années, ces négociations n'ont abouti à aucune conclusion à ce jour.

Déposant de l'amendement A

Adeodato Simó [adeodato@debian.org]

Parrains de l'amendement A

  1. Anthony Towns [ajt@debian.org]
  2. Osamu Aoki [osamu@debian.org]
  3. Christopher Martin [chrsmrtn@debian.org]
  4. Wesley J. Landaker [wjl@debian.org]
  5. Wouter Verhelst [wouter@debian.org]
  6. Hamish Moffatt [hamish@debian.org]
  7. Pierre Habouzit [madcoder@debian.org]
  8. Marc « HE » Brockschmidt [he@debian.org]
  9. Anibal Monsalve Salazar [anibal@debian.org]
  10. Isaac Clerencia [isaac@debian.org]
  11. Moritz Muehlenhoff [jmm@debian.org]
  12. Zephaniah E. Hull [warp@debian.org]
  13. Christian Perrier [bubulle@debian.org]
  14. Martin Michlmayr [tbm@debian.org]
  15. Christoph Berg [myon@debian.org]

Texte de l'amendement A

Choix 2. Le texte actuel de l'amendement :

Voici la position du projet Debian à propos de la Licence de Documentation Libre GNU telle qu'elle est publiée par la Free Software Foundation :

  1. Nous considérons que la version 1.2 de la Licence de Documentation Libre GNU est en conflit avec les exigences traditionnelles des logiciels libres car elle permet que des parties non supprimables et non modifiables soient présentes dans les documents sous cette licence. De telles parties sont communément appelées des sections invariantes et elles sont décrites dans la section 4 de la GFDL.

    Comme la possibilité de modification est une exigence fondamentale des principes du logiciel libre selon Debian, cette restriction n'est pas acceptable pour nous et nous ne pouvons pas accepter dans notre distribution de travaux incluant un tel contenu non modifiable.

  2. Dans le même temps, nous considérons que des travaux sous la Licence de Documentation Libre GNU et n'incluant aucune section invariante remplissent complètement les obligations des principes du logiciel libre selon Debian.

    Cela veut dire que des travaux qui n'incluent aucune section invariante, texte de couverture, remerciements ou dédicaces (ou qui en incluent, mais pour lesquels la permission de les supprimer est explicitement donnée) peuvent convenir pour des composants principaux de notre distribution.

  3. Malgré les points ci-dessus, la documentation sous GFDL n'est pas exempte de problèmes, même pour des travaux sans section invariante : par exemple, elle est incompatible avec les principales licences de logiciel libre, ce qui veut dire que du texte sous GFDL ne peut pas être incorporé dans d'autres programmes libres.

    Pour cette raison, nous encourageons les auteurs de documentation à placer leurs travaux sous les mêmes termes que le logiciel auquel ils se réfèrent (ou à les placer sous deux licences, avec la GFDL) ou l'une des licences traditionnelle du logiciel libre comme la GPL ou la licence BSD.

Déposant de l'amendement B

Anton Zinoviev [zinoviev@debian.org]

Parrains de l'amendement B

  1. Raphael Hertzog [hertzog@debian.org]
  2. Xavier Roche [xavier@debian.org]
  3. Wesley J. Landaker [wjl@debian.org]
  4. Romain Francoise [rfrancoise@debian.org]
  5. Moritz Muehlenhoff [jmm@debian.org]
  6. Craig Sanders [cas@debian.org]

Texte de l'amendement B

Choix 3. Le texte actuel de l'amendement est :

La Licence de Documentation Libre GNU protège la liberté, elle est compatible avec les principes du logiciel libre selon Debian.

(0) Résumé

Voici la position du projet Debian à propos de la Licence de Documentation Libre GNU telle que publiée par la Free Software Foundation :

Nous considérons que les travaux placés sous la version 1.2 de la Licence de Documentation Libre GNU sont complètement en conformité avec les obligations et l'esprit des principes du logiciel libre selon Debian.

Au sein de la communauté Debian, il y a eu beaucoup d'interrogations à propos de la Licence de Documentation Libre GNU (« GNU Free Documentation License », GFDL), notamment pour se demander si c'était vraiment une licence libre. Ce document tente d'expliquer pourquoi la réponse de Debian est oui.

(1) Qu'est-ce que la GFDL ?

La GFDL est une licence écrite par la Free Software Foundation qui l'utilise comme licence pour ses propres documentations et en fait la promotion. Elle est également utilisée comme licence du Wikipedia. Pour citer le préambule de la GFDL :

The purpose of this License is to make a manual, textbook, or other functional and useful document free in the sense of freedom: to assure everyone the effective freedom to copy and redistribute it, with or without modifying it, either commercially or noncommercially. Secondarily, this License preserves for the author and publisher a way to get credit for their work, while not being considered responsible for modifications made by others.

This License is a kind of copyleft, which means that derivative works of the document must themselves be free in the same sense. It complements the GNU General Public License, which is a copyleft license designed for free software.

dont voici une traduction possible :

Le but de cette Licence est de rendre tout manuel, livre ou document fonctionnel et utile libre dans le sens de la liberté : d'assurer à chacun la liberté effective de pouvoir le copier et le redistribuer en pouvant ou non le modifier, que ce soit commercialement ou non. En second lieu, cette Licence doit préserver pour l'auteur et l'éditeur une façon d'obtenir le crédit de leur travail, tout en n'étant pas considérés comme responsables des modifications faites par d'autres personnes.

Cette Licence est une sorte de copyleft, ce qui veut dire que les travaux dérivés du document doivent être eux-mêmes libres dans le même sens. Elle vient en complément de la Licence Publique Générale GNU qui est une licence de copyleft pour le logiciel libre.

(2) Les sections invariantes — Les principales objections à la GFDL

L'une des objections les plus répandues contre la GFDL est qu'elle permet que des travaux sous cette licence incluent certaines sections, désignées comme invariantes. Le texte de ces sections ne peut plus être changé ou supprimé du travail.

La GFDL place des contraintes considérables sur le but des textes qui peuvent être inclus dans une section invariante. Selon la GFDL, toute section invariante doit également être une section secondaire, c.-à-d. qu'elle doit remplir la définition suivante :

A Secondary Section is a named appendix or a front-matter section of the Document that deals exclusively with the relationship of the publishers or authors of the Document to the Document's overall subject (or to related matters) and contains nothing that could fall directly within that overall subject. [...] The relationship could be a matter of historical connection with the subject or with related matters, or of legal, commercial, philosophical, ethical or political position regarding them.

dont voici une traduction possible :

Une section secondaire est une annexe nommée ou une section de première page du document qui traite exclusivement des relations des éditeurs ou auteurs du document avec le sujet général de celui-ci (ou de sujets liés) et ne contient rien qui pourrait rentrer directement dans le sujet général. [...] La relation peut être une connexion historique avec le sujet ou des parties liées ou une position légale, commerciale, philosophique, éthique ou politique les concernant.

En conséquence, les sections secondaires (et en particulier, les sections invariantes) ne peuvent contenir que des positions personnelles de l'auteur ou de l'éditeur sur un certain sujet. Il n'est pas utile ou éthique de modifier la position personnelle de quelqu'un d'autre ; dans certains cas, cela est même illégal. Pour de tels textes, Richard Stallman (le fondateur du mouvement des logiciels libres et du projet GNU et auteur de la GFDL) dit [1] :

The whole point of those works is that they tell you what somebody thinks or what somebody saw or what somebody believes. To modify them is to misrepresent the authors; so modifying these works is not a socially useful activity. And so verbatim copying is the only thing that people really need to be allowed to do.

dont voici une traduction possible :

L'intention de ces textes est de vous informer de ce que quelqu'un pense, a vu ou croit. Les modifier serait trahir les auteurs ; modifier ces textes n'est donc pas une activité socialement utile. Et une copie verbatim est la seule chose que les personnes ont réellement besoin de pouvoir faire.

Cette fonctionnalité de la GFDL peut être opposée à l'obligation suivante des principes du logiciel libre selon Debian :

3. Applications dérivées.

La licence doit permettre les modifications et les applications dérivées, et elle doit permettre à celles-ci d'être distribuées sous les mêmes termes que ceux de la licence du logiciel original.

Il est naïf de penser que pour remplir cette obligation des DFSG, les licences libres doivent permettre les modifications arbitraires. Plusieurs licences, que Debian a toujours considérées comme libre, imposent certaines limitations aux modifications permises. Par exemple, la GNU GPL contient la clause suivante :

If the modified program normally reads commands interactively when run, you must cause it, when started running for such interactive use in the most ordinary way, to print or display an announcement including an appropriate copyright notice and a notice that there is no warranty (or else, saying that you provide a warranty) and that users may redistribute the program under these conditions, and telling the user how to view a copy of this License.

que l'on pourrait traduire par :

Si le programme modifié lit normalement des commandes interactivement quand il s'exécute, vous devez faire en sorte que, quand il est exécuté pour une telle utilisation interactive dans la plupart des cas, il affiche une annonce incluant une note de copyright appropriée et une notice d'absence de garantie (ou sinon, une note indiquant que vous fournissez une garantie) et que les utilisateurs peuvent redistribuer le programme sous ces conditions et indiquant aux utilisateurs comment afficher une copie de cette licence.

Les licences contenant la clause appelée clause de publicité nous donne un autre exemple :

All advertising materials mentioning features or use of this software must display the following acknowledgement: This product includes software developed by ...

que l'on pourrait traduire par :

Tout matériel de publicité mentionnant l'utilisation de ce logiciel ou ses fonctionnalités doit afficher la référence suivante : Ce produit inclut un logiciel développé par ...

En conséquence, lorsque l'on juge si telle licence est libre ou non, il faut prendre en considération quel type de restrictions est imposé et comment ces restrictions entrent dans le cadre du Contrat Social de Debian :

4. Nos priorités sont nos utilisateurs et les logiciels libres.

Les besoins de nos utilisateurs et de la communauté des logiciels libres nous guideront. Nous placerons leurs intérêts en tête de nos priorités.

Actuellement, la GFDL est une licence considérée comme libre par la grande majorité des membres de la communauté du logiciel libre et en conséquence, elle est utilisée pour la documentation d'une grande partie des programmes libres actuellement disponibles. Si Debian décide que la GFDL n'est pas libre, cela voudrait dire que Debian a tenté d'imposer à la communauté du logiciel libre un sens alternatif au logiciel libre, violant effectivement son Contrat Social avec la communauté du logiciel libre.

Nous devons pouvoir améliorer le logiciel libre et l'adapter à certains besoins et cela passe après l'exigence du pouvoir de modification contenue dans les DFSG. La GFDL permet à toute personne en désaccord avec une position personnelle exprimée dans une section invariante d'ajouter sa propre section secondaire et de décrire ses objections et ajouts. C'est une méthode raisonnable pour améliorer les sections secondaires disponibles, une méthode qui n'amène pas à trahir l'opinion de l'auteur ou à la censurer.

(3) Copies transparentes

Une autre objection contre la GFDL est que, selon la GFDL, il n'est pas suffisant de placer une copie transparente d'un document à côté de la version opaque quand vous le distribuez (qui est tout ce que vous devez faire pour des sources sous GPL, par exemple). Au lieu de cela, la GFDL insiste que vous devez d'une certaine façon inclure une copie transparente lisible par une machine (c'est-à-dire ne pas permettre que la forme opaque puisse être téléchargée sans la forme transparente) ou conserver la forme transparente disponible au téléchargement à un emplacement publiquement accessible pendant un an après la dernière distribution de la forme opaque.

Voici ce que dit la licence (les majuscules ne sont pas dans la licence d'origine) :

You must either include a machine-readable Transparent copy ALONG with each Opaque copy, or state IN OR WITH each Opaque copy a computer-network location from which the general network-using public has access to download using public-standard network protocols a complete Transparent copy of the Document, free of added material.

que l'on pourrait traduire par :

Vous devez soit inclure une copie transparente lisible par une machine À CÔTÉ de chaque copie opaque, ou indiquer DANS ou AVEC chaque copie opaque un emplacement d'ordinateur sur le réseau à partir duquel le public utilisant le réseau général a accès pour télécharger en utilisant des protocoles réseau standard, une copie transparente complète du document, libre de tout matériel supplémentaire.

En conséquence, la licence impose la distribution de la forme transparente À CÔTÉ de chaque copie opaque, mais pas DANS ou AVEC chaque copie opaque. C'est un fait confirmé par Richard Stallman, l'auteur de la GFDL, et vérifié par la pratique commune, que tant que vous rendez le source et les binaires disponibles pour que les utilisateurs puissent voir ce qui est disponible et puissent prendre ce qu'ils veulent, vous avez fait tout ce qui vous est imposé. C'est à l'utilisateur de télécharger ou non la forme transparente.

Si la copie transparente n'est pas distribuée à côté de la copie opaque, il est alors nécessaire de prendre des mesures raisonnablement prudentes pour s'assurer que la copie transparente restera accessible sur l'Internet à l'emplacement indiqué pendant au moins un an. Dans ces circonstances, l'obligation de la GPL apparaît encore plus sévère — une offre écrite, valable pour au moins trois ans, de donner à toute tierce partie une copie complète lisible par une machine du code source correspondant.

(4) Gestion des droits numériques (DRM)

La troisième objection contre la GFDL provient des mesures dans la section 2 qui tentent de s'opposer aux technologies de gestion des droits numériques (« Digital Rights Management » ou DRM). Selon certaines interprétations de la licence, cela interdirait la distribution de copies sur un média protégé par DRM, même si cela est fait de façon à donner aux utilisateurs un accès complet à une copie transparente du travail ; et, tel qu'écrit, cela interdirait potentiellement le chiffrage de la documentation ou même le stockage sur un système de fichiers gérant des permissions.

En fait, la licence dit simplement ceci :

You may not use technical measures to obstruct or control the reading or further copying of the copies you make or distribute

que l'on pourrait traduire par :

Vous ne pouvez pas utiliser de mesures techniques pour faire obstruction ou contrôler la lecture ou une copie future des copies que vous faites ou distribuez.

Cette clause interdit la distribution ou le stockage de copies sur un média protégé par DRM seulement si le résultat de cette action est que la lecture ou une copie future des copies est obstruée ou contrôlée. Elle n'est pas censée se référer à l'utilisation de chiffrage ou au contrôle d'accès au fichier de votre propre copie.

En conséquence, les mesures de la licence contre les technologies DRM sont seulement un moyen pour garantir que les utilisateurs pourront exercer les droits qu'ils devraient avoir selon la licence. À cause de cela, ces mesures servent un but semblable aux mesures prises dans la GNU GPL contre les brevets :

If a patent license would not permit royalty-free redistribution of the Program by all those who receive copies directly or indirectly through you, then the only way you could satisfy both it and this License would be to refrain entirely from distribution of the Program.

que l'on pourrait traduire par :

Si un brevet n'autoriserait pas une redistribution du programme, libre de royalties par tous ceux qui en reçoivent des copies directement ou indirectement par vous, alors le seul moyen que vous ayez pour satisfaire à la fois ce brevet et cette licence est de vous abstenir de toute distribution du programme.

Nous ne pensons pas que cette obligation de la GPL rende tout programme couvert par celle-ci non libre même si cela peut rendre potentiellement un programme couvert par la GPL non distribuable. De façon similaire, nous ne pensons pas qu'une documentation sous GFDL soit non libre à cause des mesures prises dans la licence contre une mauvaise utilisation d'un média protégé par DRM.

Quorum

Avec 972 dévelopeurs, nous avons :

 Décompte actuel des développeurs = 972
 Q ( sqrt(#devel) / 2 )           = 15.5884572681199
 K min(5, Q )                     = 5
 Quorum  (3 x Q )                 = 46.7653718043597

           

Données et statistiques

Pour cette résolution générale, comme toujours, des statistiques sur les bulletins sont rassemblées et des accusés de réception sont envoyés périodiquement pendant la durée du vote. De plus, la liste des votants est disponible. La feuille d'enregistrement peut également être visualisée (veuillez noter que celle-ci est factice pendant la durée du vote).

Majorités requises

L'amendement B nécessite une majorité de 3:1 car il nécessite des modifications au Contrat social ou aux DFSG, deux documents fondateurs.

Comme l'amendement B nécessiterait une modification d'un document fondateur, spécifiquement le Contrat Social, il nécessite une majorité de 3:1 pour être accepté. L'article 3 des DFSG devrait être changé, ou au moins clarifié. Tel qu'écrit, il indique que la licence d'un travail doit autoriser les modifications de ce travail.

Résultat

Le gagnant

Rendu graphique des résultats

Dans le graphique ci-dessus, tout nœud de couleur rose indique que l'option n'a pas été retenue à cause de la majorité, l'option bleue est l'option gagnante. L'octogone est utilisé pour les options qui n'ont pas battu l'option par défaut. Dans le tableau suivant, la correspondance ligne[x] colonne[y] représente le nombre de suffrages où la proposition x est classée devant la proposition y. Une explication plus détaillée de la matrice des gagnants peut vous aider à comprendre ce tableau. Pour comprendre la méthode Condorcet, l'article de Wikipedia est assez instructif.

La matrice des gagnants
 Option
  1 2 3 4
Option 1   145 226 223
Option 2 211   266 272
Option 3 117 76   133
Option 4 119 85 205  

En étudiant la deuxième ligne et la première colonne, l'option Les travaux sous licence GFDL sans sections invariantes sont libres
a reçu 211 votes par rapport à l'option Les travaux sous licence GFDL ne conviennent pas pour l'archive principale dans tous les cas.

En étudiant la première ligne et la deuxième colonne, l'option Les travaux sous licence GFDL ne conviennent pas pour l'archive principale dans tous les cas
a reçu 145 votes par rapport à l'option Les travaux sous licence GFDL sans sections invariantes sont libres.

Résultats par paires

Le résultat de Schwartz contient

Debian utilise la méthode Condorcet pour les votes. De façon très simpliste, la méthode Condorcet pure pourrait s'expliquer ainsi :
Considérer tous les couples possibles de candidats. Le gagnant selon Condorcet, s'il existe, est le candidat qui bat chacun des autres candidats en duel singulier. Le problème est que dans des élections complexes, il pourrait y avoir des relations circulaires dans lesquels A bat B, B bat C et C bat A. La plupart des variations de la méthode Condorcet utilisent divers moyens pour résoudre ces cas. Veuillez lire la méthode de descente séquentielle de Schwartz insensible aux clones pour de plus amples informations. La variante de Debian est expliquées dans la constitution, au paragraphe A.6.


Manoj Srivastava